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ANVIL C’EST ANVIL! – ANVIL à MONTRÉAL

Tout métalleux qui se respectent n’ayant pas regardé le documentaire Anvil – The Story of Anvil, devrait arrêter séance tenante tout ce qu’il fait et s’empresser de le visionner. Au milieu des années 2000, Sacha Gervasi, qui a été dans l’entourage du groupe depuis des lustres et qui a été un de leurs roadies au début des années 80, décide de tourner un film sur les deux piliers du légendaire groupe canadien ANVIL. C’est ainsi que nous suivons la vie du guitariste-chanteur Steve « Lips » Kudrow et du batteur Robb Reiner. Les deux hommes, amis depuis le début de leur adolescence, tentent de faire survivre leur groupe de peine et de misère. C’est une magnifique histoire de résilience et les répercussions de la sortie du film ont été positives pour les Canadiens. Cela à remit leur carrière sur les rails et sans rouler sur l’or, ils peuvent maintenant vivre de leur art.

ANVIL était là avant les METALLICA, SLAYER, GUNS N ROSES et compagnie. Dans le docu, les membres de ces formations sont d’ailleurs là pour indiqué comment ce groupe à été une source d’inspiration pour la construction de leur propre musique. Lars Ulrich n’en finit plus de faire l’éloge du jeu de Reiner qu’il considérait comme le meilleur batteur à l’époque; point barre.

Or ce sont eux que nous allons voir pour une première fois aux Foufounes Électriques en ce beau vendredi soir. Avant eux, 3 groupes se partagent le travail de réchauffer la place. Nous assistons à la prestation du premier d’entre eux sans véritablement nous émouvoir.

WARCALL est un trio montréalais assez convenu de thrash peu original. Le son est pauvre et l’exécution très fragile. De plus, la salle est assez dégarnie et peu de gens sont là pour les encourager. Tellement, qu’on se demande à ce moment si les metalleux auront bien voulu se déplacer pour acclamer les gars d’ANVIL.

Lorsque le tout se termine, nous descendons à la partie-bar des Foufounes Électriques. Pas question de subir une fois de plus MAD PARRISH. Tout a été écrit sur eux et le set qu’ils donneront ne risque certainement pas d’être différent en comparaison de ce que nous avons vu l’été et l’hiver dernier. Dans leurs cas plus les choses changent, plus elles sont pareilles. Nous préférons plutôt prendre quelques verres avec la splendide Brésilienne qui nous accompagne. Il n’y a, après tout, pas que le metal dans la vie. Il y a aussi les femmes et la bière! Nous ne remontons à la salle que lorsque ANVIL est prêt à entrer en scène. C’est ainsi que nous n’assistons pas davantage à la performance de POWERED BY DEATH.

Le spectacle des vénérables débute comme il se doit; c’est à dire avec la pièce instrumentale « March of the Crabs ». Steve « Lips » Kudrow monte sur le stage pour aussitôt descendre dès que la chanson démarre. Ce n’est pas pour quitter les lieux, mais plutôt pour aller se placer directement dans la foule. Heureusement, les metalleux se sont présentés et sans être totalement rempli, beaucoup de monde a coché présent. Avec ce bain de foule, Lips prouve qu’il est près de son public; littéralement!

Le son est bon, l’atmosphère est bonenfant et les gens sont sans l’ombre d’un doute heureux d’être assemblé pour cette fête metal. C’est quasi-hippie. Peace & Love & Metal! On ne peut pas trouver dudes plus sympathiques que ces trois musiciens. Lips est all smile. Rob est plus cool que l’air conditionné et Chris Robertson est extrêmement amusant avec une tronche qui semble faite de caoutchouc. Ce sont des routiers forts accomplis et leur jeu est impeccable. La façon jazzy de Reiner de jouer avec la baguette inversée lorsqu’il frappe le snare est hyper groovy. Lips enflamme sa guitare et Robertson lie le tout avec sa rythmique carrée et solide. Cette version de ANVIL sera peut-être la définitive du groupe. Robb et Steve ont toujours été ensemble, mais le rest personnel s’est succédé à une cadence affolante au cours des années. Au départ, il s’agissait d’un quatuor, mais au fil du temps, la formation est passée en mode trio. Avec aussi peu de moyens, c’est beaucoup plus économique ainsi. Ils ne pouvaient pas se permettre d’avoir une bouche de plus à nourrir…

Les gars sont en tournée, car ils doivent bien le faire pour survivre, mais c’est aussi, et principalement, pour présenter leur dernier album « Anvil is Anvil » (d’où le titre de ce live report, vous l’aurez compris). Même si ce disque est excellent, il y a peu de ses chansons qui sont jouées. C’est tout de même leur 17e galette et il est devenu assez difficile de monter des setlists qui satisferont autant les fans de la première heure et qui prouveront qu’ils sont encore doués pour écrire des morceaux. De leur plus récent opus, nous aurons droit à « Daggers and Rhum » et « Die for a Lie ».

Les gars de Toronto, tout au long de la soirée, vont réussir à combler tout le monde. Plusieurs incontournables seront interprétés : « 666 », « Winged Assassins », « Mothra » et bien entendu l’iconique « Metal on Metal ». Les mecs offrent aussi « This is Thirtheen » pièce titre de l’album qui les a vu carrément avoir un nouveau souffle à la suite de leur documentaire choc. D’ailleurs, lorsque nous achetons un t-shirt à la fin de la prestation, en bonus nous avons droit à ce CD. C’est malheureux à dire, mais il y a plus d’argent à faire pour les artistes en vendant des goodies qu’en le faisant avec des disques…

Comme il le fait depuis des années, Lips offre un solo. Par contre, dans son cas ce n’est pas ennuyant, car pour se faire, il utilise un vibrateur. Ce qui est extrêmement amusant et idiot à la fois. Lors de la pièce « Swing Thing » Robb va aussi y aller de son apport en offrant quelques roulements spectaculaires. C’est sympathique et ça ne s’éternise pas.

Les gars terminent le tout avec la reprise « Born to be Wild », mais pas avant de remercier le public et de bien spécifier que, comme nous l’indiquions ci-haut, ils peuvent maintenant vivre de leur art. Les fans se font aller pour une dernière fois et les légendes quittent la scène sous les applaudissements nourris de la foule.

ANVIL prouve que l’on peut être à la fois metalleux et heureux. Pas besoin de prendre un air méchant, de crier son sentiment d’injustice face à la vie et de bander les muscles. ANVIL est un exemple parfait de résilience. Pour l’instant, il n’y a pas de date prévue pour eux en Europe, mais dès qu’ils y repasseront, allez les voir et les encourager. Sinon, achetez leur musique pour que les vétérans puissent continuer à faire ce qu’ils aiment le plus au monde et qu’ils puissent terminer leur carrière autrement que dans la misère et la pauvreté.

STEEVE LAPOINTE

Correspondant Montréal

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