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ARCH ENEMY – AS THE STAGES BURN! (Century Media)

Ceux qui lisent régulièrement les chroniques de l’auteur de ces lignes vont commencer à croire que le bonhomme est un fieffé menteur. Après tout, lorsque nous avons pondu un papier sur le « Restless & Live » d’ACCEPT, nous avions affirmé que nous n’étions pas friands d’albums tirés de spectacles. Or nous écrivons en ce moment notre troisième chronique en la matière cette année…  Il faut croire que même à notre vénérable âge, il est possible de changer…

Tout d’abord, un peu de chauvinisme. Nous sommes fan d’ARCH ENEMY depuis le premier album d’Angela Gossow avec la formation. Au cours des années, l’appréciation que nous avons portée à la frontwoman n’a pas toujours été juste. La première fois que nous l’avions vu en live était en première partie d’ IRON MAIDEN. Nous étions alors tombés sous le charme. Lors des années suivantes, nous remettions en doute la véracité de sa voix en show. Toutefois, après avoir assisté à de nombreuses performances du groupe, cette impression s’effaça totalement. Lors de la tournée qui faisait la promotion de  « Khaos Legion », la Suédoise fut tout bonnement magistrale. Quand la nouvelle tomba et qu’Angela décidait de raccrocher son micro, ce fut un choc. Déjà secoué, c’est dubitativement qu’on apprenait que c’est Alissa White-Gluz qui allait la remplacer et qu’un album était en préparation avec elle à la voix.

Voici donc venu l’aspect quelque peu chauvin et biaisé… White-Gluz est Québécoise et, de plus, Montréalaise. C’est l’ex-chanteuse de THE AGONIST et c’est en première partie d’un spectacle de DEATH ANGEL, au milieu des années 2000, que nous l’avons personnellement découverte. Son talent était absolument indéniable et elle savait comment posséder une petite scène. Elle n’était pas qu’un joli minois. Après la prestation, nous allions au kiosque de merch discuter avec elle et acheter le premier album de la jeune formation. En écoutant le CD une fois de retour à la maison, nous avions beaucoup plus de réserves. C’était un peu maladroit et pas très accrocheur. Cependant, la voix d’Alissa qui pouvait passer du growl au clean était excellente. Par la suite, nous avons revu THE AGONIST à quelques reprises et jeté une oreille aux disques qu’ils faisaient paraître, mais sans grand enthousiasme.

Donc, ayant été déjà assommé par le départ de Gossow, ce second coup de masse parvenait à nous achever. Les craintes émergeaient et nous avions peur que le pire advienne : ARCH ENEMY mettant du vocal clean dans leurs chansons… Les premiers extraits de « War Eternal » que les Suédois laissèrent paraître ne montraient pas de changement de direction et Alissa assurait totalement. Toutes nos appréhensions furent dissipées dès que nous entendions l’entièreté de la galette. Non seulement White-Gluz ne s’aventurait pas dans le clean – outre  légèrement dans« Avalanche » –, mais de plus  l’album était excellent. Par contre, impossible de surpasser la qualité de « Khaos Legions » qui est le meilleur opus de toute la carrière d’ARCH ENEMY; un chant du cygne parfait pour Angela Gossow.

La première épreuve était relevée haut la main par la talentueuse Québécoise. Toutefois, une performance sur disque n’a rien avoir avec une performance live. Angela était tout simplement une bête de scène et ses chaussures n’allaient pas être faciles à remplir. La première fois que nous avions la chance de revoir ARCH ENEMY , c’était en tête d’affiche d’une tournée avec KREATOR. Le set des Allemands avait été impeccable et le son était absolument parfait. Nous nous attendions logiquement à ce qu’il en soit de même pour l’artiste principal, mais ce ne fut en rien le cas. Difficile de dire si Alissa était bonne ou non, car sa voix était totalement perdue dans le mix. Il n’en demeure pas moins que sa présence était solide et qu’elle s’acquittait de son rôle de frontwoman avec brio.

Par la suite, nous revoyions ARCH ENEMY au festival Heavy MTL. Cette fois, on pouvait l’attendre et vraiment l’apprécier. La relève était assurée!

« As the Stages Burns ! » Est définitivement là pour démontrer aux fans du groupe qui n’ont pas eu la chance de la voir, qu’Alissa is the real deal! Avec Gossow au micro, les Suédois avaient fait paraître en 2008 un live dont la captation avait été faite au Japon intitulé « Tyrants of the Rising Sun ». Et bien sûr, la tournée était pour supporter l’album « Rise of the Tyrant« . Nous devons avouer que nous estimons que ce disque est le pire de la carrière d’ARCH ENEMY. Même si la formation ne jouait que quelques pièces de ce dernier, ils n’avaient pas encore dans la manche Khaos Legions ou War Eternal. La qualité de cet album live laisse franchement à désirer. Rien n’est vraiment très clair, tout est plutôt brouillon et étouffé. De plus, il est truffé de solos absolument insipides et inutiles. La voix d’Angela n’est pas mauvaise. Elle déploie une sauvagerie qui vient du tréfonds de ses tripes. Elle tient le coup jusqu’à la fin, mais lorsqu’elle s’adresse à la foule, la femme est complètement essoufflée. On sent que la performance lui draine toute son énergie qu’elle ne ménage en rien. Et c’est tout à son honneur. Malheureusement, ça ne rachète rien et ce live aurait eu intérêt à ne pas voir le jour. Les artistes utilisent souvent la tactique du live ou du best of pour retirer un album à la liste de ceux qu’ils doivent à leur compagnie de disque. Nous ne savons pas si c’est le cas ici, mais n’en reste pas moins que le tout aurait dû être jeté aux oubliettes.

Si nous évoquons ce live avec Gossow, c’est simplement pour mettre les choses en perspective. Étant donné que les fans ne peuvent pas s’empêcher de faire des comparaisons, nous avons décidé d’adopter cet angle.

D’entrée de jeu, nous allons mettre cartes sur table; « As the Stages Burns » est de très loin supérieur à « Tyrants of the Rising Sun ». Le son est énorme. Tout est parfaitement clair et le mix est tout simplement d’enfer. Comme nous l’évoquions ci-haut, le matériel dont dispose le groupe pour monter la setlist est beaucoup plus riche que près de 10 ans auparavant et c’est là aussi un aspect qui met au tapis le précédent live.

La performance de Tokyo est truffée de solos imbuvables ce qui n’est le cas de « As the Stages Burns! ». Ceux qui lisent les papiers de l’humble reporteur que nous sommes doivent commencer à connaître notre opinion en la matière… En général, il vaut mieux offrir aux fans des chansons que des démonstrations imbues de soi qui sont toujours des séances de masturbation publiques.

La setlist est absolument irréprochable. Difficile de souhaiter meilleur que cela. La plupart du temps nous avons des plaintes à formuler à ce propos et une opinion arrêtée sur le sujet, mais cette fois ARCH ENEMY nous cloue le bec. Ils promeuvent bien sûr leur dernier disque avec « War Eternal », « Stolen Life », « You Will Know My Name »,  « Avalanche » et, inévitablement, « As the Pages Burn ». Tous les autres albums de leur carrière (avec Angela au micro) sont représentés. Tous? Oups, non en fait! Devinez lequel d’entre eux ne dispose d’aucune exposition? Eh oui… c’est « Rise of the Tyrant ». Finalement, il n’y a pas que nous qui considérons ce disque comme faible et pas vraiment digne d’intérêt…

Les musiciens d’ ARCH ENEMY sont extrêmement talentueux et ils livrent la marchandise. La section rythmique est tout ce qu’il y  de plus solide. Daniel Erlandsson, le batteur, est une horloge et il lie magnifiquement le tout. Quant à lui, Sharlee d’Angelo est un routard très expérimenté qui accompli efficacement le boulot. Que dire des guitaristes sinon qu’ils sont fabuleux?  L’ajout de Jeff  Loomis – ex-NERVERMORE  – est très intéressant et on ne pourrait souhaiter mieux. Son style se marie admirablement avec celui de Micheal Amott; le maître d’œuvre du quintette. Leurs solos sont également bons et inspirés et quand ils jouent en harmonie c’est absolument sans faille.

Nous avons bien sûr gardé le meilleur pour la fin… Est-ce qu’ Alissa fait le travail? Est-ce qu’elle est capable de chausser les souliers de la sublime Angela Gossow? La réponse est oui… mais non. Il faut bien créer un peu de controverse diantre! Alissa n’est pas Angela, les deux femmes sont fort différentes. Gossow est beaucoup plus sauvage et brute que White-Gluz.  Par contre, la jeune québécoise est définitivement une meilleure chanteuse. Non seulement est-elle plus versatile, mais sa technique est parfaite. Quand elle chante et qu’elle s’adresse à la foule – entre les morceaux ou pendant ceux-ci pour inviter les gens à participer -, jamais elle n’est essoufflée, et cela du début à la fin du spectacle. Sa voix est puissante, mais très maîtrisée. On sent le professionnalisme et non l’énergie primale. Comme nous l’écrivions plus tôt, sur « Tyrants of the Rising Sun », la Suédoise était constamment à bout de souffle.

En ce qui a trait à la sa présence sur scène, Alissa a beaucoup de croûtes à manger avant d’égaler le savoir-faire d’Angela. Cette dernière avait un magnétisme animal et elle pouvait aisément mettre une foule à ses pieds.

Pour l’interprétation des morceaux sur lesquels Angela chantait, Alissa se débrouille vraiment très bien. Notons entre autres « No Gods, No Masters » qui est totalement jouissive. Il en va de même pour « Under Black Flag We March« , « We Will Rise » ou encore « Nemesis« .

Les fans d’ ARCH ENEMY n’ont pas à s’inquiéter, et comme nous l’indiquions plus haut, la relève est assurée et Alissa ne deviendra que meilleure d’album en album et de spectacle en spectacle.  Ce live est vraiment proche de la perfection. Sur la copie sur laquelle nous avons mis la main, il y avait le CD et le DVD sur lequel on pouvait voir l’intégralité du spectacle au Wacken de 2016. De plus, il y a mini documentaire en bonus et des clips. Écouter le CD n’est pas suffisant, car le DVD vaut vraiment le coup d’œil. C’est grandiose et spectaculaire à souhait.

Parfois, il fait bon d’être Québécois et c’est avec fierté que nous pouvons dire que la jeune femme est l’une des nôtres! Un produit local qui a maintenant un rayonnement international. Ça fait changement de Céline Dion!

Track Listing du CD et DVD

01. Khaos Ouverture

02. Yesterday is Dead and Gone

03. War Eternal

04. Ravenous

05. Stolen Life

06. My Apocalypse

07. You Will Know My Name

08. Bloodstained Cross

09. Under Black Flag We March

10. As the Pages Burn

11. Dead Eyes Se No Future

12. Avalanche

13. No Gods, No Masters

14. We Will Rise

15. Nemesis

16. Fields of Desolation

Bonu du DVD

Extraits du TOKYO SACRIFICE

01. Tempore Nihil Sanat

02. Never forgive, Never Forget

03. Bury Me an Angel

04. Taking Back My Soul

05. Burning Angel

06. The Day You Died

07. No More Regrets

08. Silverwing

Videos Officiels

01. War Eternal

02. You Will Know My Name

03. No More Regrets

04. Stolen Life (Version 2015)

05. Stolen Life (Version 2016)

06. Time is Black

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Membres de la Formation

Micheal Amott – Guitare (depuis. 1996)

Daniel Erlandsson – Batterie (1996, depuis 1998)

Sharlee D’Angelo –  Basse (depuis 1999)

Alissa White-Gluz – Chant (depuis 2014)

Jeff Loomis (depuis 2014)

>Site web : ARCH ENEMY<

>Facebook : ARCH ENEMY<

 

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One comment

  1. Bonjour, opinion intéressante. Je voudrais simplement corriger une chose. Par deux fois il est écrit qu’Angela Gossow est suédoise. Or si le groupe est suédois, elle est allemande.

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