Home / INTERVIEWS / Big Up Girls ! Rencontre avec Mélanie Bonnet, fondatrice du fanzine.

Big Up Girls ! Rencontre avec Mélanie Bonnet, fondatrice du fanzine.

Bonjour Mélanie, tu es à l’initiative du fanzine Big up Girls ! qui met en avant les forces féminines de la scène alternative (Punk / Hardcore / Metal). Quand et comment a germé cette idée et depuis quel constat ? 

L’idée a germé en janvier dernier lors d’un concert d’adieu d’un groupe angevin. Plusieurs groupes jouaient la même soirée, mais il n’y avait pas une seule fille sur scène. Je me rends compte alors que les filles qui sont dans le public (et présentes en grand nombre), je les connais pour la plupart et ce sont des hyperactives de la scène. Il m’est alors venue l’idée et le besoin d’avoir un outil permettant d’en savoir plus sur ces filles, leurs implications, leurs histoires, leurs ressentis etc.

C’est ainsi que le premier numéro est sorti en Mars, avec quatorze portraits libres de filles jouant dans des groupes, organisant des concerts, faisant de la radio, des zines, des photos, des labels etc, le tout dans les scènes musicales Punk Rock, Hardcore, Metal … On en est désormais au quatrième numéro, et ça évolue bien, c’est chouette !

Es-tu accompagnée dans sa réalisation ?

Je suis seule à la coordination de tout ça depuis le départ, avec des soutiens de beaucoup de gens, groupes, organisateurs, distros … Les filles présentes dans le zine s’investissent de plus en plus, proposent des choses, distribuent de leurs côtés. Ce sont elles qui écrivent les portraits, et chaque couverture est réalisée par une fille différente à chaque fois. Il y a cet aspect participatif, qui me plaît beaucoup et que je trouve indispensable pour ce genre de démarche … Ça roule bien, alors on continue !

De quelle manière est accessible le fanzine ?

Le fanzine est accessible au format papier un peu partout en France sur le stand merch de certains groupes, via les différentes distros de zines, dans certains disquaires, bars, sur les événements de certaines assos … J’essaie de tenir à jour une liste sur le site quand je peux. D’ailleurs, tous les portraits y sont accessibles !

Tu fais partie de ces filles impliquées dans le milieu, au-delà de B.U.G. ? 

Oui on peut dire ça. Ma première expérience a été l’organisation d’un festival à mes 19 ans dans ma Nièvre natale (avec soirée de concerts plutôt orientés Punk Rock / Ska, marché artisanal, expositions, animations familiales …). A la suite de ça, j’ai atterri à Tours pour mes études et j’ai été bénévole dans une association qui organisait des concerts et suivait un groupe de Punk Rock. J’ai continué les bénévolats par ci par là, et j’ai monté un groupe d’Emo / Hardcore / Screamo avec des copains (on dit « Hardcore mignon » nous, c’est plus rigolo !) où je tente de crier dans un micro des choses qui me tiennent à cœur. Le groupe s’appelle JAROD, on a sorti un EP et on se balade de temps en temps ! Et donc depuis bientôt un an, je passe un paquet de mon temps sur ce fanzine qui m’a beaucoup fait évoluer positivement et m’a fait rencontrer énormément de gens sympas. Actuellement je prépare un nouveau fanzine en parallèle qui parlera du thème large qu’est « l’éducation ». J’ai hâte !

Outre la passion pour cette scène, qu’ont en commun ces filles que tu présentes dans « Big up Girls ! » ?

Bonne question. Elles n’ont pas tant de choses en commun que ça justement. C’est ça qui est chouette ! Elles viennent d’un peu partout en France, d’âges et d’implications différentes (même si je pense que la moyenne tourne plutôt autour de 25-30 ans). Ce qu’il y a de commun je dirais, c’est leurs envies de ne rien lâcher, d’aller au bout de ce qu’elles aiment, que ce soit musicalement ou non. Et c’est ce qui me plaît beaucoup dans tout ça, cette diversité. J’ai l’impression que c’est ce qui plaît aussi aux gens qui découvrent le zine.

La plupart du temps c’est moi qui les contacte pour figurer dans le zine. Soit parce que je les connais déjà, soit parce que je les ai rencontrées à un concert. Certaines (et de plus en plus) découvrent la démarche et s’y intéressent. Pour les autres, on me les présente, on m’envoie leurs contacts et je leur demande. Il n’y a aucun tri, pas de critères à part celui d’être une fille (cis et trans) et d’être impliquée d’une manière ou d’une autre dans ces scènes musicales.

Quel est leur profil ? Est-ce qu’elles sont bénévoles, est-ce qu’elles accèdent à des responsabilités ?

Elles ont entre vingt et cinquante ans, elles sont chanteuses, batteuses, bassistes, guitaristes, rédactrices sur des webzines ou fanzines, dessinatrices, graphistes, organisatrices, photographes … Très peu sont professionnelles, ce sont surtout des personnes qui ont envie de s’investir dans un projet qui leur tient à cœur. La plupart est vraiment dans une logique DIY (Do It Yourself), dans une démarche politique revendiquée ou non. La majorité a un boulot à côté et investit son temps libre dans tout ça. Au niveau responsabilité, ça dépend de ce qu’on entend par là. Mais gérer de manière autonome un projet, ça demande bien sûr énormément de responsabilités, envers les autres, envers soi-même, de manière juridique pour les choses officielles et institutionnelles, de manière politique forcément.

Quels sont tes envies et tes projets pour développer le fanzine ?

J’aime bien le fait de ne rien figer pour ce zine. On va continuer sur notre lancée en sortant un nouveau numéro au premier trimestre 2017. Ensuite, on va organiser une release-party pour chaque numéro dans une ville différente, avec concerts, expos photos, atelier d’expression libre mixte intégré au zine … Le quatrième numéro a déjà bien évolué puisqu’il n’est pas composé seulement de portraits libres, mais aussi d’autres rubriques. Nous allons continuer à donner la parole dans un cadre bienveillant, d’échanger, de se questionner, de valoriser toutes les belles choses qui se font déjà, et tenter de motiver celles qui hésitent. On va espérer que les prochains numéros auront toujours autant d’intérêt et on fera tout pour ! En tout cas, je suis super contente de ce qu’on a déjà réalisé, de toutes les belles choses qui se créent, c’est beau !

> bigupgirls.tumblr.com

Check Also

Interview de Baptiste, guitariste de Smash Hit Combo.

Plus besoin de présenter Smash Hit Combo, groupe alsacien formé en 2004, alliant rap, metal ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close