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ENTREVUE AVEC MONONC’ SERGE

Mononc’ Serge vient tout juste de terminer une mini tournée intitulé Les Fêtes en Enfer. À peine l’Oncle a-t-il repris son souffle qu’il s’embarque déjà pour une autre tournée, mais cette fois en sol européen. En fait, les spectacles se limiteront à la Belgique et à la France et ça commence le 18 janvier.

Avant son départ, nous avons eu un entretien avec Mononc’ Serge.

Maintenant que la tournée Les Fêtes en Enfer est terminée quel bilan en faites-vous?

Ça s’est très bien passé. Nous étions très bien préparés. Beaucoup plus que pour les autres shows que nous avions faits dans le passé. Je savais exactement ce que j’allais dire entre chaque chanson. On avait le décor, nos costumes, on avait fait notre nouvelle chanson et le clip qui l’accompagnait et on avait bien tout pratiqué.

Sur les 5 spectacles, 4 étaient sold out. Mais même à Sherbrooke, il y avait plus de 500 personnes. Ce n’était pas complet, mais juste parce que la salle était très grande.  À Montréal, au Club Soda, les billets se sont vendus comme des petits pains chauds.

Quelle était la motivation derrière la tournée Les Fêtes en Enfer?

C’était de ma propre initiative. Il y a plusieurs facteurs. C’est certain que la demande des fans y joue pour beaucoup. Mais j’ai toujours comme coutume de faire des spectacles entre Noël et le jour de l’an. J’essaie le plus possible de faire des choses inédites. Le show que je fais présentement, c’est en trio acoustique et ça fait 3 ans que je le présente. Je n’avais donc pas le goût de faire la même chose cette année pour les fêtes et je voulais faire quelque chose de spécial. L’année passée et l’année d’avant, j’avais fait des spectacles avec Pépé et Sa Guitare. Je ne voulais pas le faire pour une troisième année de suite. Ça aurait été redondant. Étant donné que les gens me demandaient toujours quand j’allais refaire des shows avec Anonymus, je me suis dit que c’était le bon moment. Je terminais le support de mon dernier album qui est sorti en juin 2015 et Anonymus était dans le même esprit avec leur dernier album qui est paru en août 2015. Mais ce n’est rien d’avant-coureur par rapport à un projet d’album avec Anonymus.

Ce n’était pas pour te payer un nouveau chalet dans le Nord?

(Rires) Non, non, non. Évidemment on a fait de l’argent avec ça, mais ce n’est pas la motivation de base. C’est mon métier. Je gagne ma vie avec ça, mais ce n’est pas ma motivation première. Je veux que mes spectacles fonctionnent et je ne veux pas que ce soit bénévole ou à perte bien sûr, mais je le fais parce que j’aime vraiment ça.

Votre tournée France-Belgique commence le 18 janvier.  Y a-t-il des villes où vous n’avez encore jamais présenté de spectacle lors de cette tournée?

Le seul endroit où je n’ai jamais joué c’est à Auxerre.  Et la plupart des salles dans lesquelles je vais jouer, j’y suis allé plus d’une fois. Et si ce n’est pas des salles où moi j’ai mis les pieds, ceux avec qui je tourne sont familiers avec ces places.

Lors des 4 derniers spectacles, je ferai la première partie du duo Andreas et Nicolas. J’ai joué souvent avec eux dans le passé. Et c’est d’ailleurs pour ça que j’y vais. Car ils m’ont invité aux derniers shows de leur tournée pour supporter leur album sorti il y a plus de 2 ans. Ils finissent leur cycle. Moi aussi je les ai invités dans le passé. On fait des échanges comme ça. Je les invite à faire la première partie de mes spectacles ici au Québec et eux à faire les premières parties de leurs spectacles en France.  Ça permet de jouer devant plus de monde que lorsque je fais des spectacles en têtes d’affiche en France et c’est la même chose pour eux ici.

Quelle est la formule lors de cette tournée?

Je suis en solo. C’est Mononc’ Serge et sa guitare. Depuis la dernière tournée avec Anonymus quand je retourne en France c’est toujours en solo. Quoique j’y suis allé une fois avec mon groupe Les Sportifs, mais c’est beaucoup trop coûteux. Au lieu de revenir avec des bénéfices, je reviens avec des dettes de 4 ou 5 mille dollars. Donc, j’y vais en solo.

Quelle est la réaction du public à votre matériel?

Quand je suis allé faire des shows en Europe les premières fois, je me disais que les gens n’allaient rien comprendre et ça allait les emmerder. Et finalement ce n’était pas si mal. À l’époque j’avais fait des adaptations « en bon français » de certaines de mes chansons. Par exemple « Niquer » au lieu de « Fourrer ». Mais les Français, ça les indifféraient. Certains m’écrivaient même pour me dire de ne pas faire ça. Que ça dénaturait mon matériel. Et de toute façon, je ne l’aurais pas fait pour toutes les chansons. Et je me suis rendu compte que tout ce que ça faisait, c’était de me banaliser. Dans le fond, des chanteurs français, il n’en manque pas en France!

Maintenant, je vais là-bas avec mes chansons. Bien sûr je fais une sélection et j’adapte mes présentations entre les morceaux. Mais je ne fais pas « Coupe Couillard » par exemple, car le public ne sait pas qui est Philippe Couillard. Même chose avec Stephen Harper ou Justin Trudeau. Ça ne les touche pas vraiment.

Dans « La maladie du préjugé » de mon dernier album, je change quelques noms pour que ça ait une résonnance pour eux. Ils ne connaissent pas Karla Omolka ou Guy Cloutier par exemple. Je ne sais plus pour qui je les ai échangés dans mon adaptation. Il va falloir que je regarde mes paroles avant de partir! (rires).

Je fais attention parfois à ma prononciation ou je joue un peu plus lentement. Mais maintenant, je ne change presque plus rien.

Quel genre de setlist offrez-vous lors de cette tournée?

Je pense que le setlist je vais le faire une fois dans l’avion! (éclats de rire) Mais sérieusement, je fais à peu près toujours les mêmes choses. Ça fait 2 ans et demi que je ne suis pas allé en Europe et il y a une raison pourquoi c’est comme ça. Mon dernier album porte beaucoup sur le Québec. Je vais faire tout de même des morceaux de mon dernier disque, mais pas celle qui concerne l’actualité québécoise. Je vais faire par exemple Hostie de Bonne Smoke ou Charlie Hebdo. Le reste, ça va être des chansons avec des identifiants non québécois. J’en fais aussi, mais j’explique d’abord de quoi il s’agit. Comme Woodstock en Beauce. Je la fais souvent. Avant de la faire, j’explique simplement que c’est un gros festival extérieur comme le Hellfest par exemple.

Votre dernier album est paru le 2015. À quand le prochain?

Depuis l’automne dernier, je n’ai pris presque aucun engagement. Je savais que j’allais avoir la tournée avec Anonymus et celle en France. J’avais conscience que mon début d’hiver allait être chargé, mais après cela je n’ai que 3 autres spectacles de planifiés de la fin janvier jusqu’à la Saint-Jean. Je vais peut-être en prendre un ou 2 autres. L’été risque également d’être très tranquille. Je garde ce temps-là pour composer.

J’ai déjà quelques morceaux, mais c’est encore trop frais. Je ne sais pas dans quelle direction je vais aller. J’ai des structures, des paroles, mais je ne sais pas encore quel traitement je vais en faire. Mais si tout va bien, je devrais avoir un nouvel album entre la rentrée scolaire et Noël 2017.

J’allais vous demander en terminant « Qu’est-ce que Mononc’ Serge nous réserve pour 2017 ? », mais il semble bien qu’il s’agisse de calme!

Je n’ai jamais eu un horaire aussi peu chargé. J’ai refusé beaucoup de propositions de spectacle et je continu à le faire. Dans le but de prendre mon temps pour composer. De laisser toute la place à ma tête. C’est vraiment la première fois que je fais ça. Avant je faisais tout en même temps : écrire des chansons, préparez des spectacles, donnez des spectacles, etc. Mais là j’ai décidé de faire autrement. Je ne sais pas pourquoi. J’imagine que c’est le manque d’énergie en vieillissant! (rires) J’ai le goût de me concentrer. Il y a aussi le fardeau administratif. Avec les années, les choses s’accumulent et il y a toujours des petits trucs à faire comme des rééditions d’albums ou des demandes de subventions par exemple. Quand on fait un ou deux shows par semaine, ce n’est pas possible de tout faire. Je suis une petite entreprise à moi seul et je fais tout. Le plus gros de mon travail, ce n’est pas d’écrire des chansons et de faire des spectacles, mais c’est d’administrer, faire de la promo, du graphisme, de la comptabilité. C’est pas mal de paperasse et de fichiers Excel! (éclats de rire).

Merci pour l’entrevue Mononc’!

Merci pour l’attention! Dès c’est en ligne, envoie-moi le lien!

Propos recueillit par :

Steeve Lapointe

Correspondant Montréalais.

 

 

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