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EX DEO – The Immortal Wars (Napalm Records)

An 221 avant Jésus Christ. Tout juste après avoir fondé la nouvelle capitale Carthagène, Hasdrubal le Beau est assassiné par un esclave l’ayant accusé d’avoir donné la mort à son maître. Les armées de Carthage se retrouvent ainsi sans commandant suprême. Malgré quelques résistances de certains de ses détracteurs, c’est Hannibal Barca qui prend finalement la position laissée vacante par son prédécesseur et beau-frère. Le jeune homme de 25 ans qui a promis à son défunt père Hamilcar Barca de ne jamais être ami de Rome, s’apprête à tenir parlole et à s’engager dans une série de guerres contre l’empire qui vont s’étaler sur près de deux décennies.

« The Immortal Wars » est un album concept qui raconte les exploits d’Hannibal en 8 morceaux. C’est bien sûr de l’ultra abrégé, car il est assez difficile de relater plus de 15 ans de belligérance en seulement 38 petites minutes.

EX DEO est le side project de Maurizio Iacono, frontman du groupe KATAKLYSM. Il s’agit du troisième disque de l’entité. « Romulus » le premier effort étant sorti en 2009 et « Caligula » quant à lui en 2012. Avec ce projet, Iacono désirait mettre l’accent sur ses origines italiennes et chanter la gloire de la Rome Antique. Tous les clips du groupe sont hyper léchés et ont une saveur de 300 et autres Spartacus. Si « Romulus » était assez moyen, « Caligula » était, lui, excellent.

Avec « The Immortal Wars », Maurizio choisit cette fois de s’attarder à l’un des plus redoutables ennemis de l’histoire de Rome. Le nom Hannibal n’a maintenant plus qu’une seule résonance; celle de ce bon vieux Dr Lecter qui se plaît à apprêter de l’humain, façon cuisine grand chef. Toutefois, avant les romans de Tomas Harris, les films et la série télé, pendant près de deux millénaires, le seul à avoir eu main mise sur ce prénom était bien sûr Hannibal Barca. L’un des plus brillants stratèges militaires que la Terre ait porté. Quand le divertissement éclipse totalement l’Histoire, c’est à se demander où le monde s’en va… L’auteur de ces lignes étant lui-même diplômé en histoire et l’ayant enseigné pendant quelques années, il lui est donc normal de ressentir un pincement devant cet affligeant constat. Séchons nos larmes et poursuivons…

Ce nouvel opus d’EX DEO est sans l’ombre d’un doute le mieux produit de la formation. Les fans de KATAKLYSM vont sans doute apprécier, car le projet de Maurizio est dans le même ton que celui de son groupe principal. Par contre, il y a tout de même des différences notables. Tout d’abord, un accent très prononcé est mis sur le caractère épique des textes et de la musique. Iacono raconte, sur des bases historiques, des événements guerriers de grande envergure. De plus, toutes les chansons sont appuyées par un support orchestral symphonique. Si lors des deux premiers albums, la musique classique était, en totalité ou en partie, simulée par des claviers, sur « The Immortal Wars » ce n’est plus le cas. C’est ici à un véritable ensemble symphonique auquel nous avons droit.  La pièce « Suavetaurilia (Intermezzo) » est d’ailleurs complètement instrumentale. Pas de guitare, pas de basse, pas de batterie. Seulement l’orchestre symphonique. Il y a bien une trame parlée, mais sans plus.

Outre Stéphane Barbe qui troque la basse pour la guitare et François Mongrain qui s’occupe de l’instrument délaissé; EX DEO a exactement les même membres que KATAKLYSM. Oli Beaudoin est aux drums et Jean-François Dagenais fait office d’autre guitariste. Non seulement cela, car Dagenais produit aussi l’album. Poste qu’il a l’habitude également de pourvoir pour toutes les réalisations de KATAKLYSM. L’orchestration quant à elle a été confiée à Clemens Wijers et la portion clavier est assurée pas Jonathan Leduc.

La pièce initiale « The Rise of Hannibal » est l’une des meilleures de l’album à notre avis. Elle ouvre de façon hyper puissante l’opus. En fait, aucune des compositions n’est moyenne. Chacune d’elle prend la place qui lui revient. « Hispania (The Siege of Saguntum) » poursuit en force et l’orchestration est énorme.  D’ailleurs cet important appui ne cessera jamais jusqu’à la fin du disque.  Les 5 suivantes sont toutes dans le même ton. Et c’est peut-être justement là le problème. Tout est bien réalisé et travaillé, mais rien ne sort véritablement du lot. Outre le morceau instrumental et celui d’ouverture. Difficile de trouver des repaires quand tout est aussi homogène. Il y a bien de « The Spoil of War » qui tente de s’encrer, mais n’y parvient pas vraiment. Toutefois, « The Roman », la chanson qui termine  le tout est la plus achevée. Le clip qui l’accompagne est une ode à la testostérone.

« The Immortal Wars » est un bon album, mais il ne passera pas à l’Histoire (no pun intended!). Jusqu’à maintenant c’est certainement le plus accompli des 3, mais pas le plus mémorable. « Caligula » était sans doute le plus intéressant, et ce même s’il ne disposait pas d’un apport symphonique aussi complet. Si Maurizio a l’intention d’en pondre un quatrième, il aura intérêt à faire en sorte que les titres soient moins similaires et que le tout colle un peu plus. Une fois l’écoute terminée, rien ne reste véritablement ancré dans la mémoire. Cependant, nous saluons l’effort et l’énorme boulot. Et nous vous recommandons tout de même de l’écouter. Peut-être que ce dernier vous satisfera pleinement. Ce qui ne fut pas entièrement le cas pour votre vieux reporteur grognon.

Track Listing

  1. Rise of Hannibal (4:50)

2. Hispania (The Siege of Saguntum) (5:51)

3. Crossing the Alps (5:30)

4. Suavetaurilia (Intermezzo) (1:47)

5. Cato Major: Carthago Delenda Est! (4:50)

6. Ad Victoriam (The Battle of Zama) (5:37)

7. The Spoils of War (4:01)

8. The Roman (6:00)

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Membres du groupe :

Maurizio Iacono – Chant

Jean-François Dagenais – Guitare

Stéphane Barbe – Guitare

Olivier Beaudoin – Batterie

François Mongrain – Basse

Jonathan Leduc – Claviers

>Site web : EX DEO<

>Facebook : EX DEO<

 

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