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Interview de Baptiste, guitariste de Smash Hit Combo.

Plus besoin de présenter Smash Hit Combo, groupe alsacien formé en 2004, alliant rap, metal et références aux jeux vidéo. Le groupe sort un double CD « L33T » chez Dark Tunes Music Group, avec un concept original puisqu’il s’agit de deux versions de l’album, une en français et l’autre en anglais avec le rappeur américain None Like Joshua au chant. Et attention, les deux versions ne sont pas des copies l’une de l’autre et on a vraiment l’impression d’écouter deux albums différents. Un sacré boulot et un résultat bluffant. A vous de voir si vous préférez la version française ou anglaise ou si tout simplement vous adorez les deux. Pour ma part, je mettrai certainement « L33T » dans mes coups de cœur de 2017.

Entretien avec Baptiste, guitariste de Smash Hit Combo depuis les débuts.

Pourquoi ce double Cd, un en français, l’autre en anglais d’autant que vous disiez par le passé ne pas vouloir chanter en anglais ?

C’est quelque chose qu’on avait en tête depuis quelques années et en fait on avait essayé déjà de faire un album en anglais avec Paul, le chanteur français, parce qu’on nous disait toujours « C’est original ce que vous faites » et cette originalité était liée au fait que nous chantions en français et on voulait essayer de faire quelque chose en anglais pour voir si on nous disait toujours que c’était original. On s’est dit que si on voulait le faire on allait le faire bien et essayer de voir avec un vrai anglophone, un mec qui a la culture, le vocabulaire, l’accent et qui vient du même monde que nous parce que Josh vient aussi du monde du jeu vidéo. On a essayé, on a fait un premier featuring avec lui sur 48 heures (album Playmore 2015 ndlr) et c’était mortel. Humainement c’est une crème, techniquement je ne t’en parle même pas. On lui a dit qu’on allait faire un nouvel album, qu’on était chaud pour tenter un truc en anglais et il a accepté tout de suite. Il a écrit et enregistré en moins de deux semaines.

Comment avez-vous procédé ? None Like Joshua a traduit les chansons que vous aviez composées en français ? Les versions anglaise et française sont très différentes. On n’a pas l’impression d’écouter le même album.

Alors c’est vachement cool qu’on puisse expliquer aujourd’hui la démarche de ce double cd. On voulait faire deux albums qui soient complémentaires et pas simplement du copier-coller et demander à Josh de traduire en anglais un texte écrit par Paul. On a même fait en sorte que les deux ne s’écoutent pas, évité les contacts pour qu’ils ne s’influencent pas l’un l’autre. On a plus axé l’album français sur tout ce qui est émotion des textes avec toujours ces références aux jeux vidéos et on voulait faire ce côté anglais avec plus de chant clair, plus de technique aussi au niveau du hip hop. On voulait faire deux albums complètement différents et en même temps montrer aux gens qu’avec les mêmes instrus on pouvait faire des choses qui n’ont rien à voir. C’est un peu ça la démarche. Originalité + complémentarité.

Vous êtes contents du résultat ?

Oui. Clairement. On a vraiment beaucoup travaillé dessus surtout Chon et Brice qui a fait les vidéos de tous les clips, Chon a fait tout ce qui est production sonore, il a enregistré, mixé, nous servait de garde-fous aussi en nous disant parfois qu’on allait trop loin et c’est surtout grâce à eux deux si c’est réussi mais on a tous bossé énormément sur une période d’un an entrecoupée de concerts, de tournées.

L’album sort finalement peu de temps après le précédent « Playmore », sorti en 2015.

Depuis le début du groupe on est dans une démarche où on a toujours voulu apporter du contenu, on a toujours cette peur de se faire oublier, c’est pour ça qu’on est très réactifs sur les réseaux sociaux, sur les vidéos, on aime mélanger l’image à la musique mais on ne fait pas ça par obligation hein ! tourner un clip c’est génial parce qu’on se marre. Il y a quelques années on faisait ça comme on pouvait mais c’est devenu le métier de Brice (le batteur ndlr) et en plus il fait ça hyper bien donc on a de la chance.

Vous êtes de grands fans de jeux vidéo et en parlez beaucoup dans vos chansons. Est ce qu’une partie de votre public est composée de fans de jeux vidéo pas forcément amateurs de rap ou de metal qui vous écoutent pour cette raison ? Parce que ça draine un public potentiel énorme.

Oui bien sûr. Du coup on a déjà joué dans quelques conventions, par exemple à la Japan Expo et on a fait un concert à Toulouse dans une convention et des gens viennent nous voir en nous demandant s’ils ont droit de passer notre musique quand ils font un stream ou un live. Mais bon y en a aussi qui n’aiment pas hein ! Parce que dans le milieu les gars n’écoutent pas forcément du hip hop ou du metal mais ils trouvent ça cool les paroles, les cosplays dans nos clips, il y a toute une démarche artistique derrière qu’on essaie de mettre en place et c’est du partage de passion en fait. Tourner des clips avec des cosplayers moi je trouve ça génial , c’est un peu comme être dans un jeu vidéo en vrai, y a des collaborations qui se passent et c’est vraiment de l’échange, c’est humain, c’est pas pour le business, on aime ça, ils aiment ça. Et des mecs qui nous envoient des messages pour nous dire qu’ils mettent nos chansons pour jouer à Call of duty, c’est génial et ça fait super plaisir.

Aujourd’hui, avec tout ce que vous faites, il y a encore de la place dans votre vie pour le jeu vidéo ?

Moins, mais on a tous une console portable et quand on fait dix heures de camion pour aller à un concert, on a le nez dans notre console. Mais c’est vrai qu’on y passe moins de temps qu’avant, on ne passe pas des nuits comme avant sur nos consoles. Mais on a toujours aimé ça. C’est une façon de rester un grand gamin en fait. On a tous un peu le syndrome de Peter Pan car le passage de l’adolescence au monde adulte effraie, les déceptions amoureuses, le travail, l’argent, des choses qui font peur à tout le monde je crois.

L’album en français est plus rap que les précédents. Pourquoi ?

Avant on mettait plus de cris, de chant crié sur les refrains et là on voulait essayer autre chose, faire un album plus posé rap et on l’interprète encore différemment sur scène.

Tu trouves qu’il y a une grosse différence entre cet album et les précédents ?

Peut-être que le côté français est moins dynamique, moins de cris dans les refrains. Et puis il y a un élément de comparaison là. Le fait d’avoir mis un cd anglais et un français implique que tu peux te permettre de comparer. C’est les mêmes musiciens et les mêmes chansons. On a donné un peu un objet de comparaison aux gens mais certains arrivent à capter cette notion de complémentarité et à se dire qu’il y a deux albums, deux choses différentes.

Justement pour défendre l’album sur scène vous allez faire comment ? L’interpréter seulement l’album en français ?

Quand Josh a la possibilité de venir d’Atlanta, sur les nouveaux titres on fait un couplet en français et un couplet en anglais. C’est une troisième interprétation des chansons et ce mélange avec cette troisième personne sur scène donne plus d’interaction.

Vous touchez aussi un public de rappeurs ?

Non. Il y a des rappeurs puristes qui diront « Moi le metal jamais ». Le problème c’est que les personnes qui écoutent le rap n’aiment pas les cris. Certains nous ont dit « J’aime bien, c’est dommage que ça gueule ». Et puis on ne vient pas des mêmes endroits, on n’a pas la même culture, on n’a pas écouté la même musique à l’adolescence.

Les paroles de mes coups de cœur de l’album « blackout », « ras le bol », « point de non retour », « inclassable » sont assez sombres, pourtant vous semblez très zens.

On a tous traversé des mauvaises passes et justement on en tire des expériences et des conclusions pour écrire nos chansons mais c’est vrai qu’en ce moment on est super heureux parce qu’on a des dates qui s’enchainent, on a sorti cet album, résultat d’un an de travail.

L’album va sortir aux Etats-Unis ?

On ne sait pas. Il va sortir au Canada, au Japon mais il est encore un peu trop tôt pour tirer des conclusions. C’est déjà un premier jet.

Le mot de la fin ?

Je remercie énormément tous les gens qui nous aident. Sans eux on n’est serait pas là. Tous les gens qui nous aident par passion notamment pour le tournage des clips.

Un grand merci à Baptiste et à Roger de Replica !

 

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