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Interview Hyperdump à l’occasion de la sortie de « The weak man »

Rencontre avec Fred et Holyv, les deux guitaristes de Hyperdump, dont le 2e album « The weak man » est sorti fin Avril.

Pour les lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore, pouvez-vous vous présenter et résumer votre parcours ?

Holyv : Hyperdump est un groupe qu’on va qualifier de modern metal, né en 2007. On a sorti un premier album en 2012 « Rational Pain », puis un EP en 2013 « Syncretism » et là on sort un nouvel album « The Weak Man ».

Pourquoi avoir sorti un EP un an après l’album ?

Fred : C’était dans le but d’avoir une actualité mais c’est vrai qu’avec le recul, je pense qu’on aurait dû attendre un peu pour sortir « Syncretism » quitte à sortir un single ou faire un clip pour garder une actualité. C’est vrai que l’EP était un peu trop collé à l’album. Parce que du coup de 2013 à 2017 ça fait long.

Le délai entre l’EP et l’album s’explique par les changements de line-up ?

Fred : En partie.
Holyv : L’autre raison est purement financière. Sortir un album coûte cher. Mixage, mastering, pochette, c’est pas mal de frais.

Un mot sur le changement de label ? Le premier album était produit par Klonosphère. Pourquoi avoir choisi le label « Send the Wood music » pour « The weak man » ?

Holyv: Quand on a fait écouter le mix à Klonosphère en octobre, il ne leur plaisait pas trop et c’est vrai qu’il y avait des trucs qui n’allaient pas. On l’a refait bien propre mais finalement ils n’ont plus voulu travailler avec nous donc en décembre dernier on était partis pour sortir l’album en auto-production, c’était un peu un coup dur et puis Julien (le chanteur) a rencontré Roger (Weissier) et dès que la promo a commencé Send the Wood nous a contactés directement parce qu’ils savaient qu’on n’avait pas de label. Ils se sont proposés, on a accepté et ils nous apportent la promo et la distribution. Sans un label tu ne fais rien, tu vends des cd à tes concerts et c’est tout.

Quelles sont vos principales influences ?

Holyv: C’est très très vaste. Julien par exemple n’écoute pas beaucoup de metal, Fred pas tant que ça, moi j’en écoute beaucoup mais c’est très varié, ça peut être du prog comme du black, du death, tout ce qui est guitare instrumentale aussi. En ce moment j’écoute pas mal de trucs genre Meshuggah.

Fred : J’écoute quand même essentiellement du metal mais, parce que je suis guitariste, j’écoute aussi de la guitare classique, un peu de jazz, de la pop aussi. Dans les années 90, quand j’étais jeune (rires), j’écoutais beaucoup de metal, tous les styles de metal à part peut-être le black metal. Après il y a toujours des groupes qui sortent du lot dans chaque style, que ce soit du hardcore, du power metal ou du trash.

Votre nouvel album est décrit comme un concept album. Pouvez-vous nous en dire plus sur son contenu ?

Fred : « The Weak Man » parle d’un homme qui va vouloir venger la mort de son frère tué par un des sept gardiens qui représentent peu ou prou les sept péchés capitaux, des créatures un peu maléfiques qui gardent une sorte de ville carcérale, une ville imaginaire bien entendu où toutes les âmes damnées de la terre sont envoyées. Dans cet univers clos, qui visuellement s’apparente un peu aux années trente, quarante, se côtoient des humains comme des créatures maléfiques et le héros ne sait pas que son frère a fomenté une rébellion pour échapper à cette ville. La personne dans la pénombre au début de l’histoire (Awaken) quand il se réveille, va lui raconter l’histoire de ces deux trois derniers jours qui va se dérouler du deuxième titre « The History » jusqu’à « No More ». C’est un gros flash back. Il y aura ensuite une deuxième grande révélation et une fin qui n’est pas vraiment une fin.

Il y a-t-il une raison ou un contexte particulier ayant mené au choix de vous orienter vers le concept-album ?

Holyv : C’est un peu un hasard. En 2014, on devait fournir un titre pour une compil de Myrock. On venait de sortir « Syncretism » et on trouvait dommage de mettre sur la compil un morceau déjà existant. On a donc décidé d’écrire un morceau spécialement pour cette compil, « The Weak Man ». Julien, qui était fan de Guillaume Bideau, lui a demandé s’il voulait venir chanter. Il a chanté avec nous sur ce titre pour lequel il avait écrit un début d’histoire et c’est de là qu’est parti tout l’album. On s’est dit qu’on pourrait développer toute une histoire autour de ça. L’écriture de l’album a donc commencé à ce moment là.

Fred : l’idée du concept album vient essentiellement de Julien parce qu’il fait beaucoup de choses à côté de la musique, notamment du graphisme, il dessine des bd et a créé tout un univers. Il a aussi l’ambition de créer, sous forme de logiciel, un projet participatif où chaque artiste, chaque groupe pourrait rajouter sa petite histoire à l’intérieur de cet univers là. Il est intéressé par la science-fiction, les films d’horreur des années 80, il n’est pas seulement artiste musicien et a beaucoup de facettes dans le côté artistique.

Qui a imaginé cette histoire, parlez moi un peu du processus de composition ?

Fred et Holyv en chœur : C’est Julien (le chanteur).

Holyv: Julien arrive avec une version très simple de ce qu’il aimerait être le morceau, un air au clavier ou une mélodie, ça correspond à tel moment de l’histoire, on essaie de retranscrire ça en musique, on brode autour de ces versions simplifiées des morceaux.

Fred : Ça peut être aussi un riff qu’on sort en répète et dont Julien nous dit qu’il collerait bien au morceau. Julien est un peu le chef d’orchestre.

Concernant les textes, c’est vraiment le monde imaginaire qui vous intéresse. Vous n’avez pas envie d’écrire des textes engagés ? Il pourrait y avoir une double lecture ?

Fred : Non pas du tout. On n’est pas du tout dans cette optique mais il peut y avoir une double lecture avec ce côté sociétal qu’on peut rapprocher à des événements de notre quotidien mais ce n’est pas direct et on n’est pas un groupe revendicatif. Personnellement je ne pense pas que j’aurais aimé jouer dans un groupe revendicatif. J’adore un groupe comme Lofofora mais ce qui me saoulait quand j’allais les voir en concert c’est le discours politique entre les morceaux alors que moi j’étais là vraiment pour la musique. On est tous un peu comme ça dans le groupe, on se retrouve bien là dessus, les paroles pour nous c’est pas très important. Moi ce qui m’a toujours importé c’est plus la musicalité dans le chant, la performance vocale, la tessiture.

C’est Kamel, un des invités de l’album, celui notamment qui fait les grosses voix gutturales, qui a écrit les textes en grande partie parce que Julien a l’histoire en tête mais a toujours eu du mal à écrire les textes.

C’est important pour vous le thème de l’album ?

Fred : Même si je suis musicien avant tout, c’est bien aussi d’avoir une histoire à proposer. Ça permet d’avoir deux lectures de l’album. On n’a pas mis de transition entre les morceaux, on n’a pas fait quelque chose de trop symphonique non plus, de trop théâtral. Il y a l’album mais pas seulement. On va créer un blog sur le site avec les graphic arts de Julien, des textes, des dessins où on va retranscrire un peu, au fur et à mesure, l’histoire de l’album et amener à l’album suivant.

Holyv : On peut écouter l’album d’une traite comme un concept album comme on peut très bien passer d’une piste à l’autre. Les chansons se veulent aussi indépendantes. On voulait pas faire un truc chiant qu’on est obligé d’écouter du début à la fin avec des pistes de 20 minutes.

On trouve énormément de variations de style dans les 12 titres de l’album, et même des sonorités orientales en intro. Pourquoi ce choix d’un si large éventail, on passe de l’électro au hard mélodique, du metal progressif au thrash metal, certains passages sont même proches de la soul music.

Holyv: C’est naturel. On n’essaie pas de coller à tel ou tel style. A partir du moment où les morceaux rentrent bien dans l’histoire qu’on a voulu écrire, si c’est cohérent, on ne se pose pas la question de savoir si ça fait metal ou pas. On s’en fiche. Les sonorités orientales au début de l’album c’est parce qu’on est très influencés par Lovecraft et tous ces bouquins là et ça suit vraiment l’histoire racontée dans l’album.

On retrouve une dizaine d’invités sur cet album dont Arno Strobl (Carnival In Coal, We All Die Laughing), Guillaume Bideau (ex-Mnemic, One Way Mirror) et Blaze Bayley (ex-Iron Maiden). Pouvez-vous nous en parler un peu plus ?

Fred : Le premier invité c’est Guillaume Bideau. Il a d’ailleurs tourné le clip qui sortira plus tard, a produit le chant et masterisé l’album. Julien a toujours été un grand fan de Guillaume, c’est donc la première personne à laquelle il a pensé quand on a enregistré « The weak man ». Le concept de l’album s’est construit aussi autour de cette histoire de chanteurs invités. Le premier après Guillaume c’était Blaze Bayley. Julien lui a envoyé un message et à notre grande surprise il a répondu positivement. J’ai ensuite contacté Mark Basile, un chanteur de metal prog italien d’un groupe que j’ai découvert sur internet et dont j’avais trouvé le chanteur excellent. Ben de Lies, je le connaissait un peu par les réseaux sociaux.

Holyv : Certains sont plus ou moins des proches comme l’ancien prof de chant de Julien et Arno Strobl qu’on connaissait déjà un peu.

Comment s’est passé le travail avec eux ?

Holyv : Ils enregistraient de leur côté et envoyaient la bande. Arno Strobl est venu enregistrer avec nous au Nowhere studio à Amiens.

Fred : Ce qui m’a impressionné c’est la façon dont Blaze Bayley a enjolivé l’affaire, il a ajouté des chœurs et Mark Basile aussi. Ils ont fait plus que ce qu’on leur demandait.

Vous avez choisi leur participation en fonction du morceau ?

Holyv : Chaque guest représente un personnage de l’histoire ou une des émotions du personnage principal, chaque voix correspond à un moment de l’histoire.

Comment allez-vous préparer la scène ?

Fred : On a prévu de jouer dans un premier temps une version acoustique de « No more » avec juste une guitare et Julien au chant. Sur d’autres morceaux on a des samples et Julien chante évidemment l’entièreté du morceau mais les chœurs sont samplés.

J’imagine que vous allez défendre votre album sur scène. Vous avez des projets concerts en cours ?

Fred : On aimerait bien faire des festivals l’année prochaine, pour cette année la programmation est déjà bouclée.

Un dernier mot pour nos Furieux ?        

Fred : Pour les gens qui vont lire l’interview, allez sur le site, allez sur la page Facebook parce qu’il va y avoir pas mal d’actu, des news mais aussi des choses en rapport avec l’histoire de « The weak man » et puis en septembre un clip d’enfer, un truc à grand spectacle.

Merci à Fred et Holyv ainsi qu’à Roger Weissier de Replica promotion pour cet échange.

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