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Kess’Khtak – Inbreeding

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Au bout de huit ans d’existence, on gagne en expérience. On gagne en maturité. Et on devient éventuellement capable de pondre une performance impressionnante. Kess’Khtak (prononcer « Kess’er’tak ») suit une recette simple, conçue depuis déjà plusieurs albums : Prenez un groupe de cinq suisses révolutionnaires désirant cracher leur vérité à la gueule du monde, faites-leur consommer une bonne dose de métamphétamine et enfermez-les dans un studio. Il en ressortira un enregistrement des plus détonnants. Aujourd’hui, nous allons observer le résultat de cette formule étonnante à travers la cinquième galette du combo, Inbreeding.

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De nos jours, les groupes de Metal Extrême axent de plus en plus leurs compositions dans quelque chose de criard, de choquant, d’ultra-violent et parfois même d’assez difficile d’accès, d’assez hermétique de prime abord à qui veut s’aventurer en milieu inconnu.

En s’annoncant d’emblée comme un groupe de Brutal Death Metal/Grindcore, on sait qu’on s’apprête à poser le pied en milieu hostile. Et pourtant, les apparences peuvent parfois être trompeuses.

Le thème de l’album est l’expression du dégoût face au monde moderne, d’un domaine chaotique mené par les puissants et les cupides. Cette expression se voudra sans doute violente, et c’est malgré tout avec des sonorités orientales que l’album commencera à s’effeuiller. Le morceau qui suit, Those Who Do Not Exist, dessine un sourire sur nos visages, et relève d’une intensité surprenante, donnant clairement le ton : nous voilà entrés dans une arène de gladiateurs, et il va falloir en découdre. Armés d’une batterie ultra-nerveuse, déchaînant ses blast beats à toute allure, de grattes excessivement lourdes et d’un chant très agressif, les chances de sortir indemne de cet ouragan sont minimes.

Outre la violence mise en valeur sur tous les fronts, on peut découvrir lors de la seconde lecture une complexité subtile dans la transition des mélodies, dans la mise en forme des morceaux. En vérité, l’aspect Grindcore ne se cantonne qu’au paramètre de la durée des morceaux. (la moyenne de l’album étant de 2 minutes 40) On notera un mixage d’une très bonne facture, beaucoup plus dans la finesse qu’un groupe de Grindcore classique. Les différentes bandes-sons sont très distinctes, chaque musicien démontre sa virtuosité, une harmonie chaotique se présente à chaque titre, et tout ça dans un registre à la fois bourrin et très groovy.

La vitesse demeure tout de même le fer de lance de l’album, chaque morceau surpassant le précédent : Flying Larva, comportant des riffs presque Black Metal, et surenchérissant de par leurs tendances aux syncopes, est dépassé de loin deux titres plus tard par Cash System Industry, avec sa vitesse de frappe incroyable. On remarquera aussi l’intention louable du groupe de satisfaire ses fans de première heure, avec une version réactualisée de trois de leurs anciens morceaux, respectivement Kriegspiel, (de leur tout premier album Kess’Khtak meet Juggernaut, 2008) Spasm et Forgiveness Buried, (May Noy Be The One You Want, 2010) rallongeant de 8 précieuses minutes le disque, et terminant l’album sur un solo oriental, nous laissant sur une note plutôt légère, et la boucle est bouclée.

L’album durant une bonne demi-heure, (fait assez rare pour un groupe à tendance Grind) on se retrouve finalement à toujours battre frénétiquement la mesure du pied, et on reconnaît qu’on s’est amusé. Effectivement, Inbreeding est un excellent défouloir, un crescendo de coups, plus puissants à chaque frappe, et malgré tout on en redemande. Toujours dans le même registre sans se montrer rébarbatif, toujours aussi bourrin sans se montrer lassant, l’album s’écoute sans difficulté aucune, et s’apprivoise vite, sans pour autant tomber dans la facilité. Sans se présenter comme un prophète apportant une grande nouveauté au style, Kess’Khtak nous offre ici un album des plus efficaces, et des plus redoutables. Les Suisses ne cachent cependant pas leur goût pour le live, et ont déjà annoncé deux grosses tournées en Europe de l’Est et en Amérique Latine.

PS : Tous leurs albums sont disponibles gratuitement sur Band Camp, alors foncez y jeter votre oreille !

https://kesskhtak.bandcamp.com/

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