Home / INTERVIEWS / Möhrkvlth : L’interview « Flamme Universelle »

Möhrkvlth : L’interview « Flamme Universelle »

Basé à Plougonven dans le Finistère,  Möhrkvlth arrive en l’espace de peu de temps à tirer son épingle du jeu à travers un Black Metal aux thèmes et aux consonances celtiques. Après une démo réussie et bien accueillie de son public, la formation bretonne revient avec un Split EP partagé avec le groupe iranien Garhelenth. L’occasion pour nous d’en savoir plus sur sa conception.

  • Nous voici un an après la sortie de votre premier EP éponyme. Quel regard, voire bilan, faites-vous de ce projet ? Etes-vous satisfaits des retours ?

Oj (Guitare) : Je n’espérais pas autant d’engouement de la part du public ! Etonnement ça plaît même à des gens extérieurs au Black Metal, peut-être entre autre grâce à la recherche mélodique et épique au sein d’une ligne directrice axée sur l’efficacité et les préceptes du genre. Tout cela ne fait qu’accroitre notre détermination à dévoiler notre univers à un public passionné ou tout simplement curieux d’écouter, peut-être, quelque chose de nouveau.

Vox T (Guitare/Choeurs) : Avec maintenant un an de recul, cette démo me paraît réussie et devrait bien vieillir.  Nous sommes parvenus à obtenir ce que nous recherchions au niveau du son grâce à l’aide de Jihem du Shamar Lab et à attirer un certain public vers nous ainsi que des organisations de concerts et festivals.

Tnemelc (Batterie) : D’ailleurs elle a eu tellement de succès que nous avons dû la rééditer après quelques mois : l’ensemble est « sold out » !

  • Aujourd’hui vous sortez un Split EP, « Flammen-dan Hollvedel » avec le groupe Iranien Garhelenth. Pouvez-vous nous parler de ce groupe ?
Garhelenth (Iran)

Oj : Ils sont trop mystérieux… Je passe mon tour !

Vox T. : C’est un duo composé de Hilnorgoth et Sagroth basé à Téhéran qui voue un culte au Black Metal d’influence scandinave. Leur musique est directe, très froide et ils évoquent des thématiques sur leur héritage Perse.

Hiron (Chant) : Ça fait un bon moment que je suis des groupes du Moyen-Orient. La situation est bien difficile pour beaucoup de groupes de musique extrême dans certains pays, l’Iran par exemple. Garhelenth fait partie de ces groupes sans compromis, impliqués dans la scène underground iranienne.

  • Qu’est-ce qui vous a amené à collaborer ensemble sur ce projet ?

Oj : Ce qui m’a plu dans ce projet, c’est tout simplement leur démarche. L’idée de contacter un groupe pour faire un split, jusque là, rien d’original. Mais avec un groupe iranien, on s’est dit que c’était sacrément couillu compte tenu de la situation du pays …  On a affaire à de véritables passionnés qui ont bravé, en quelques sortes, l’interdit.

Vox T. : Hilnorgoth m’avait contacté à nos débuts pour demander si nous voulions faire un split avec eux. J’ai eu le même ressenti que Oj pour toutes les raisons évoquées et après avoir écouté leur son nous sommes tombés d’accord pour mettre ce projet en place sur le moyen terme. Leur investissement dans le milieu force le respect tant c’est risqué pour eux …

Hiron : Nous avons cherché à soutenir un des groupes de là-bas, à l’aider à se faire connaître dans nos contrées, à prouver que la flamme du Black Metal brûle un peu partout sur la planète. Nous avons tout pris à notre charge, car pour eux c’est extrêmement difficile de faire des démarches qui semblent banales chez nous : Enregistrer dans un studio (ils ont dû aller faire ça à Tbilissi en Géorgie), mixer et masteriser, bosser sur un visuel, et surtout diffuser sa musique.

  • Avez-vous convenu d’une ligne directrice commune ou artistique particulière ?

Haernesus (Basse) : Pas vraiment, chaque groupe était libre de ses choix musicaux, et à vrai dire, nous comme Garhelenth travaillions déjà sur les morceaux choisis depuis un bon moment.

Oj  : L’idée était de montrer ce que l’on sait faire, avec des titres qui représentent au mieux chaque groupe.

Vox T. : Et au final nous avons décidé de donner à ce 4 titres (2 chacun dont notre reprise de Grim Monolith) comme mot d’ordre « l’universalité ». Ainsi on envoie un message fort en symboles ; d’ailleurs « Flammen-dan hollvedel » signifie « Flamme universelle ». L’excellent travail sur le visuel de Vincent Fouquet d’Above Chaos retranscrit parfaitement tout ceci.

  • A l’écoute de vos morceaux « Imram Brendan » et de la reprise de Grim Monolith « In Your Sorrow’s Mysteries », on sent plus d’exigence concernant la production. Avez-vous changé de méthode de travail suite à l’expérience du premier EP ?

Oj : Pour le split, nous avons demandé de l’aide à notre ami Nuts du Yprod Studio, où nous avons pu enregistrer chaque instrument. Nous avons eu recours à lui dans tout le processus d’enregistrement. Et nous avons utilisé notre propre matériel, afin d’avoir notre son, celui qu’on a depuis un moment déjà, enregistré en « live ».

Haernesus : Pour la démo, nous souhaitions enregistrer quelque chose simplement et à peu de frais, donc on s’est démerdé chacun de notre côté avec les moyens dont on disposait. C’était simple et le son transmettait l’ambiance qu’on cherchait tout en restant brut, on n’a pas cherché plus loin. Pour le split on s’est rendu au Studio Yprod pour enregistrer les morceaux en live, puis Nuts s’est chargé du reste. Il a su donner une certaine puissance tout en conservant l’aspect granitique qui s’en dégageait.

Vox T. : En effet pour le split nous sommes allés enregistrer à Plougastel-Daoulas (près de Brest) en conditions live. Nous recherchions principalement un côté brut de décoffrage et organique à la fois. Le résultat est tout simplement à la hauteur de nos espérances et les premiers échos font part d’une certaine maturité dans notre son. Nous allons donc tâcher de confirmer notre progression lors de notre prochain enregistrement en cette année 2017 pour notre premier album.

Hiron : J’ai bossé sur le mixage avec Nuts, afin qu’on obtienne vraiment ce qu’on voulait. On avait vraiment une idée précise en tête. Le résultat est à la hauteur de nos espérance : moderne tout en rappelant les origines ’90 du Black Metal !

  • Vos précédents morceaux étaient principalement axés sur l’esprit de la lutte des Chouans de la fin du XVIIIème siècle. Est-ce toujours le cas dans les compositions actuelles de Möhrkvlth ?

Hiron : C’est un thème récurent dans les textes que j’écris, mais pour la démo, il y avait d’autres thématiques développées, comme la punition des dieux envers quelques impies, ou le cheminement des âmes vers l’Autre Monde. Nous avons d’autres morceaux, pas encore enregistrés, qui parlent des Chouans. Toujours chantés en breton, certains sont très explicites sur ce qu’il s’est passé en Vendée insurgée, en Bretagne. Ce thème revient régulièrement puisque c’est une part trop oubliée de notre histoire.

Je n’écris que très rarement des textes à l’avance : J’attends de n’imprégner de l’ambiance des compositions, de ce que cela évoque comme images; j’ai parfois des bribes de textes qui collent au morceau; tant que tout cela ne forme qu’un seul et même concept : les textes et la musique. Les paroles traitent de sujets divers : L’Ankoù (la Mort personnifiée), la fureur guerrière telle que les mythologies celtiques en parlent, les liens entre l’Homme et la Nature, sa place dans le Cosmos, les cycles, et des thèmes guerriers comme les Chouans, principalement.  

  • Vous avez participé au Samaïn Fest ayant eu lieu en octobre dernier. C’est un festival semblant être en totale concordance avec ce que défend Möhrkvlth. Est-ce que je me trompe ?

Vox T. : Tout à fait. Le Samaïn Fest regroupe à la fois toute une symbolique païenne et aussi un combat global aux revendications parfaitement saines et légitimes.

Haernesus : C’est vrai que la thématique du festival colle bien à l’esprit de Möhrkvlth, c’est une date qui résonne avec un écho particulier pour pas mal de monde dans le milieu et la présence de druides de la Gorsedd de Bretagne pour la cérémonie, puis pendant notre concert apporte une certaine cohésion à l’ensemble du festival et à son engagement pour la langue Bretonne.

  • Comment se présente 2017 ? Des projets en cours ?

Vox T. : De nombreux grands événements et projets sont à venir. Concernant le studio nous enregistrerons notre premier album courant 2017. On n’en dit pas plus à ce sujet pour le moment mais les chansons sont composées pour la grande majorité. Au niveau de nos apparitions scéniques, nous jouerons au Cernunnos Pagan Fest en février,  à Rennes et Lorient au printemps, aux Feux de Beltane et au RockMetalCamp Fest en mai, au Ragnard Rock Festival en juillet …

Tnemelc : Nous mettons aussi en place chaque été, pour Lugnasad (début août), une soirée privée au Bzhelvete à laquelle nous convions des ami-e-s et fans de Black Metal. D’autres plans sont en vue hors Bretagne et nous aimerions aussi nous produire plus souvent dans le sud de notre pays vers Quimper, dans le Vannetais et le pays Nantais … etc.

  • Un dernier mot pour nos Furieux ?

Oj : On se donne rendez-vous le 11 février prochain à Noisiel pour le Cernunnos Pagan Fest les Furieux !

Vox T. : Faites vivre votre scène. Si vous avez les moyens, alors allez aux concerts, achetez les disques, jouez dans des groupes, faites partie d’une asso, d’un web/fanzine, d’une radio, d’un label etc. Soyez actifs si vous aimez vraiment cette musique et si vous voulez continuer à en profiter.

[Gwendal, pour Furieux]

Check Also

Interview de DEFICIENCY pour la sortie de leur album « The Dawn Of Consciousness »

Le 11 avril, au Black Dog (Paris), Furieux a rencontré Vianney (bassiste) et Jérôme (guitariste ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close