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PREMIÈRES NATIONS – TESTAMENT ET SEPULTURA À MONTRÉAL

Le Metropolis est presque rempli à craquer. Ce n’est pas à guichet fermé, mais c’est certainement très près de l’être. C’est assez fou que TESTAMENT, SEPULTURA et PRONG parviennent à attirer 2 000 personnes en ce mercredi soir. Quoique même un vendredi ou un samedi cela aurait été stupéfiant. Pourtant, il n’y pas si longtemps, nous allions voir TESTAMENT dans des salles qui pouvaient à peine contenir 500 spectateurs. Il n’y a pas à dire, le metal se porte tout de même assez bien à Montréal!

Nous biffons complètement la performance de PRONG. Eh oui, hockey oblige! (lire le Live Report >Metal et Hockey – KREATOR à Montréal< ) Toutefois, nous sommes bien installés lorsque le spectacle de SEPULTURA se met en branle. Comme plusieurs amateurs, depuis que Max Cavalera a quitté la formation brésilienne, notre intérêt a complètement chuté. Précisons que nous n’avons pas plus été passionnés par SOULFLY, le groupe du chanteur guitariste dissident. La seule chose qui nous a véritablement fait flipper est le projet CAVALERA CONSPIRACY avec son frère Igor. Nous avons bien écouté quelques albums de SEPULTURA avec Green au micro, mais sans que cela ne nous marque particulièrement. Par contre, leur dernier opus, « Machine Messiah », est vachement bien foutu.

Encore une fois, et à peu près comme toujours, le son n’est pas parfait. Mais il est loin d’être aussi moche que celui de KREATOR que nous avions vu une semaine auparavant. Là également la batterie est en avant, mais elle ne mange toutefois pas tout le reste. Et dans le fond, ça n’aurait pas été si mal, car Eloy Casagrande, le drummer du groupe est une bête absolue. Il vaut à lui seul le déplacement. C’est un phénomène impressionnant. Il est capable d’être subtil, mais la plupart du temps il brutalise sans ménagement son kit. Nous ne savons pas si il y a un mouvement pour les droits des drums dans le monde, mais si c’est cas, cet homme est sans doute listé comme ennemi numéro un… C’est vraiment pendant l’interprétation des morceaux du dernier album que Casagrande peut s’éclater le plus et les Brésiliens en jouent cinq : « I Am the Enemy », « Phantom Self », « Sworn Oath », « Alethea » et « Resistant Parasite ». Toutefois, les fans sont très peu excités pour le déploiement de ces nouvelles pièces. Mais détrompez-vous, l’atmosphère est bonne et les spectateurs sont participatifs. Par contre, le tout s’anime joyeusement lorsque SEPULTURA joue des morceaux de l’époque Max Cavalera. C’est ainsi que la salle s’enflamme avec « Inner Self », « Desperate Cry », « Ratamahatta », « Roots, Bloody Roots » et bien sûr « Refuse/Resist ».

Derek Green ne nous fait pas un effet impérissable. Il ressemble à un joueur de foot géant avec son short et son maillot. Il prend de la place sur scène bien entendu, mais sa présence est plutôt moyenne. Andreas Kesser quant à lui est excessivement dynamique et son jeu est excellent. L’absence d’un deuxième guitariste est cependant criant et certains vieux morceaux manquent de texture en raison de cela. Pour ce qui est de Paulo Jr. et bien, même si c’est le plus ancien membre actif du groupe, il n’a pas vraiment d’importance et n’importe lequel bassiste avec un peu de savoir-faire pourrait le remplacer. Lorsque nous le regardons, quelque chose nous frappe : il ressemble à un nain de jardin! Il ne manque que le couvre-chef pointu et bingo!

Soyons honnêtes. SEPULTURA a offert une excellente performance et nous leur levons notre chapeau. Cela valait le coup d’arriver plus tôt pour les voir. Par contre, ce soir-là, c’est TESTAMENT qui nous a fait nous déplacer et laisser le hockey de côté pour quelques heures.

Avec eux, nous n’en sommes pas à notre premier rodéo et tout comme c’était le cas pour KREATOR, nous ne savons plus très bien le nombre de fois que nous les avons vus. Définitivement plus que les mains peuvent compter de doigts et jamais nous n’avons été déçus par les Américains.

La façon dont ils aménagent la scène est assez spectaculaire. La batterie est juchée en hauteur et de chaque côté on peut y accéder à l’aide d’une série de marche. Il y en bannière géante sur le mur du fond sur laquelle on retrouve une représentation de la couverture du dernier album et au sol, il y a d’énormes tapis avec le logo de TESTAMENT. Nous sommes au balcon; nous pouvons ainsi très bien voir tous ces éléments qu’il aurait été impossible de remarquer à partir du parterre.

C’est avec « Brotherhood of the Snake » que le tout est lancé. Dès la première chanson, la voix de Chuck Billy est en avant et elle le demeurera tout au long de la prestation. Quelle rareté! On enchaîne avec « Rise Up ». Et tout de suite après on retourne au dernier album avec « The Pale King ». Leur plus récent disque sera d’ailleurs fort bien représenté. Outre les morceaux déjà mentionnée, il y aura aussi : « Stronghold » , « Seven Seals » et « Centuries of Suffering ».

La plupart des galettes auront leur place sur leur palmarès et seuls « Demonic » et « The Formation of Damnation » y échapperont.

Chuck Billy, lors de l’une de ses interventions, indique que le groupe avait le goût de changer un peu la formule et d’interpréter des pièces qu’ils ne font que rarement sinon jamais. Dès qu’il a terminé de dire cela, TESTAMENT enchaîne avec « Low ». Ce ne sera pas la seule, car ils joueront de plus « Eyes of Wrath » et « Urotsukidôji ».

Là où le bât blesse, c’est à propos des solos… Pitié… Tout le monde y passe sans exception. Gene Hoglan, Alex Skolnick, Eric Petersen et Steve DiGiorgio. À un moment, nous nous demandions sérieusement si Chuck Billy n’allait pas faire un solo de pied de micro… Hoglan est un batteur légendaire et il n’a rien à envier à Casagrande qui est passé avant lui. Pourtant, ça ne nous fait pas plus aimer ce moment. Les envolées masturbatoires de Skolnick et Petersen sont complètement indigestes. Seul DiGiorgio – qui lui aussi est une légende, mais à la basse – retient notre attention. Il est tout de même extrêmement rare d’avoir droit à un solo de basse et son jeu est vraiment intéressant. C’est différent, inspiré et le tout aboutit avec la pièce instrumentale « Urotsukidôji ». Ce n’est pas comme tous les autres solos qui ne menaient à rien.

Outre cette philosophie de spectacle digne de l’ère des dinosaures, TESTAMENT réussi tout de même à plaire et c’est 17 véritables pièces que les vétérans du thrash californien vont offrir au public. Les essentiels sont couverts et les thrashers peuvent se faire aller joyeusement avec des morceaux tels « First Strike is Deadly », « Souls of Black », « The New Order », « Practice What You Preach », « Over the Wall » et bien entendu « Into the Pit ».

TESTAMENT n’est vraiment pas le genre à faire des surprises ou à dévier de sa course. Soir après soir, ils servent le même setlist. Toutefois, il aurait été intéressant que pour le Canada ils aient eu les couilles de faire une exception. Expliquons-nous. Sur le dernier album du groupe, il y a une chanson intitulée « Canna-Business ». Elle fait l’apologie du cannabis et du total illogisme quant à l’illégalité de consommer cette drogue récréative. Ce n’est un secret pour personne, Chuck Billy est fumeur de pot avéré qui s’exprime sans gêne par rapport cela. Avant de débuter l’actuelle tournée, il a avoué qu’il avait dû arrêter pour se mettre en forme pour les spectacles à venir, confessant qu’il consommait énormément. « Mais Lapointe qu’elle est cet interminable préambule? » vous demandez-vous certainement. Sachez chers lecteurs que le Canada vient tout juste de légaliser le cannabis.  Billy rabat tellement les oreilles de tout le même avec ça, que le band aurait été d’une absolue pertinence en jouant cette pièce qui y est expressément consacrée. Que voulez-vous, quand on est conservateur à ce point en matière de setlits, ça ne permet aucune flexibilité et aucune adaptation.  Personnellement, nous ne consommons aucune forme de drogue et cette légalisation ne nous oblige qu’à faire encore plus de prévention auprès de nos fils de bientôt 11 et 13 ans. TESTAMENT a manqué une occasion en or de montrer qu’il n’était pas que rigidité. Comme on dit; c’est la vie.

Il était intéressant de voir sur une même scène deux groupes qui portent le flambeau et vante les mérites des peuples fondateurs. Chuck Billy est un Amérindien et il ne fait pas que la promotion du cannabis, il est aussi un défenseur et un porte-étendard pour sa nation. Quant à SEPULTURA, plusieurs de leurs chansons mettent de l’avant leurs profondes racines brésiliennes. C’était le propos entier de « Roots » et le groupe a tout de même poursuivi par la suite à honorer son histoire. Cette soirée qui plaçait  en avant les premières nations américaines (pas seulement celle des States) fut totalement réussie. Nous avons pu apprécier un son potable et pour une fois, nous ne sommes pas sortis de la salle en rogne et avec un goût amer.

 STEEVE LAPOINTE
Correspondant Montréalais

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