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Rencontre avec UNEVEN STRUCTURE

Furieux a rencontré Igor (guitariste) et Arnaud (batteur) du groupe UNEVEN STRUCTURE à l’occasion de la sortie de leur nouvel opus « La partition » prévue le 21 avril.

Pour les lecteurs de Furieux qui ne vous connaîtraient pas encore, pouvez-vous vous présenter et résumer votre parcours ?

Igor : Le groupe a été créé par Benoît le bassiste et moi-même. On est des potes d’enfance, on a commencé la musique ensemble et on s’est dit que plutôt que d’intégrer un groupe on allait composer ce qu’on voulait et trouver des musiciens qui voudraient bien jouer nos compos. Ça c’était au début des années 2000. En 2008-2009 on a officialisé UNEVEN STRUCTURE avec les membres qui commençaient à se greffer et à apporter leur « patte » et on a sorti un EP, puis un album en 2011 « Februus». On a changé de batteur parce qu’à l’époque on avait Christian qui venait de suède et c’était très compliqué au niveau logistique d’avoir un suédois dans le groupe. Jean Ferry nous a rejoint courant 2012 puis a quitté le groupe en 2015 et Arnaud est arrivé.

Quelles sont vos principales influences ?

Igor : On a commencé en étant très fans de groupes de post hardcore, de post metal et à côté de ça de metal indus comme Nine Inch Nails, beaucoup Meshuggah évidemment, donc dans notre premier Ep les influences s’entendaient clairement. Au fur à mesure, on écoutait de plus en plus de musique, on s’est ouvert à l’électro, à la musique classique, au jazz. Sur « Februus » ça commençait à être un peu plus « digéré » et sur ce dernier album ça devient un peu un melting pot et je pense qu’on n’arrive plus vraiment à distinguer d’où vient quelle partie et pourquoi on a telle idée, c’est pour ça qu’on s’est vraiment amusés sur cet album, on a brouillé toutes les pistes pour essayer de faire un truc à nous avec notre propre identité.

« Februus » est sorti en 2011, que s’est-il passé pendant les 6 années qui séparent les deux albums ?

Igor : Après la sortie du premier album on ne savait plus trop quoi dire de plus musicalement, il a fallu du temps pour que les choses se décantent, qu’on y voit un peu plus clair, qu’on se ressource musicalement pour retrouver des idées, l’inspiration, l’énergie.

L’inspiration est revenue quand ?

Igor : On a fait une petite pause de quelques mois, on a échangé des idées puis on a commencé à réécouter ce que chacun voulait musicalement dans le groupe et essayé de ramener les influences de chacun plutôt que d’essayer de suivre ce qui avait été posé avant. A partir de là, on commençait à y voir plus clair. Une fois qu’on a commencé à avoir des éléments vraiment solides, des sortes de bouts de compos, des 3-4 minutes qui se baladaient, on a pu commencer à broder à partir de là et terminer la compo. On était trois à composer, Benoit le bassiste, Matthieu le chanteur et moi même. Arnaud est arrivé assez tard pendant la création de l’album donc il s’est surtout occupé des parties batterie, Steve est arrivé encore plus tard à un moment où l’album était quasiment terminé donc il n’a pas trop pu s’investir dedans.

Y-a-t-il une raison ou un contexte particulier ayant mené au choix de vous orienter vers le concept-album ?

Igor : C’est dans la continuité de « Februus« . Il y a une histoire, un fil rouge qui suit d’ailleurs le fil rouge du premier album, tout se passe dans le même univers, ce sont les mêmes codes de concepts qui sont en place. C’est une histoire complète. Si on n’a pas la track list sous les yeux on n’entend pas la fin et le début de chaque morceau. C’est un morceau de 55 minutes qui a été découpé en plusieurs parties pour être plus digeste. C’est des trucs assez compliqués à mettre en place pour qu’ils soient cohérents, intéressants, pas trop rébarbatifs et c’est pour ça que la composition a pris du temps.

Pouvez-vous nous en dire plus sur son contenu ?

Arnaud : « La partition » raconte la résultante d’une succession d’actions qui se produisent sur l’album précédent « Februus ». C’est le même univers mais « post-Februus ». On suit un peu les résultantes de ce qui s’est passé dans cet album là. « La partition » se focalise sur des sirènes qui, à la suite d’actions mal contrôlées du personnage de « Februus », ont perdu leur voix et dans un ultime souffle en appellent à un marin qu’elles missionnent pour aller retrouver les partitions qui leur permettront de retrouver leur voix et de chanter et donc de se perpétuer d’une certaine manière. L’album suit cette trame depuis le moment de la rencontre entre ce marin et les sirènes jusqu’ à sa rencontre avec le protagoniste de « Februus » pour finir par sa descente tragique. Ce n’est pas juste une histoire. C’est une métaphore d’expériences et des situations dont on a eu envie de parler, d’histoires qu’on a voulu développer sur le rapport qu’une personne peut avoir à un élément extérieur, une addiction par exemple, ou la dépendance qu’il y a vis à vis d’une relation, d’un environnement, d’une situation et comment ce genre de dépendance peut nous mener à devenir au final le spectateur de notre propre perte. C’est un peu une sorte de courbe de deuil inversée cette relation un peu intermédiaire où on se voit entrer sous l’emprise de l’élément tout en le refusant puis en passant progressivement dans l ‘acceptation et au final en devenant petit à petit une sorte de spectateur extérieur de ce qui nous arrive et qui nous voit contraint à accepter une situation avec des conditions et des principes qui sont pas les nôtres. C’est l’asservissement à une telle situation.

On peut qualifier votre composition d’ « intellectuelle » pourquoi ce choix ?

Arnaud : c’est une vision artistique comme une autre.

Igor : c’est vrai que nous n’avons pas un public qui fait des mosh pit et se met sur la gueule, c’est plus un public qui va être attentif, un peu comme un public de jazz, qui va applaudir pendant les interludes parce qu’il a compris que c’était terminé et que c’est le moment d’applaudir mais qui reste statique.

J’imagine qu’après l’expérience de « Februus » et des différents changements de line-up qui le séparent de celui-ci, vous avez exploré de nouvelles façons de travailler. Est-ce bien le cas pour « La Partition » ?

Igor : Oui. On a voulu se donner un lexique musical assez large pour pouvoir continuer à s’amuser au niveau de la compo sans avoir à tout recréer. On a exploré plein de styles et de directions différentes sur cet album et ça nous donne un dictionnaire beaucoup plus riche. Rien qu’en mélangeant ce qu’on a fait sur cet album , on peut en faire plusieurs autres alors que l’album précédent c’était beaucoup plus linéaire, beaucoup plus mono-dimensionnel, on ne pouvait pas faire grand chose de plus que ce qu’on avait déjà fait.

Ce sont les changements de line up qui ont apporté cette créativité ?

Igor : L’un va avec l’autre. Avoir Steeve et Arnaud dans le groupe nous a donné une grosse bouffée d’air frais parce qu’on n’arrivait pas à avancer sur l’album et ça commençait à nous peser puisque 3, 4 ans avaient passé et on ne sortait plus rien.

Il s’est passé quoi pendant ces 3-4 ans ?

Igor : On avait terminé un album mais on se disait qu’on ne pouvait pas entrer en studio avec ça, ce n’était pas abouti.

Mais la partition reprend certainement ce travail non ?

Igor : Pas tant que ça. On a plutôt fait table rase. Il doit rester une demi-douzaine de riffs de la version précédente.

« La Partition » est musicalement très léché, des mélodies aériennes et des riffs assez massifs. On retrouve aussi cet esprit dans l’esthétique de vos visuels, très nuancée, presque poétique. Ce côté quasi-cinématographique qui entoure le groupe, c’est une chose à laquelle vous faites attention ?

Igor : Oui. Quand on compose j’ai toujours les clips en tête qui sont en train de se dessiner et il y a une sorte d’auto-inspiration où je vois l’énergie visuelle que je pourrais apporter du tournage du clip qui me donne des idées au niveau du son et continuer ainsi de suite. C’est un peu comme si c’était une bande son qui écrivait le film et inversement.

Tu ferais un clip par titre si tu pouvais ?

Igor : C’est ce qui est prévu.

Les titres sont repensés pour la scène ?

Arnaud : c’est une fleur qui se développe. Sur scène on arrive à donner une autre dimension, tant dans l’émotion que dans la puissance. On a une ossature déjà suffisamment dense et sophistiquée mais on se donne assez d’air et de place pour pouvoir sur scène le moduler en fonction de nos évolutions musicales. On n’a pas envie de jouer exactement ce qu’on entend sur l’album, on veut apporter cette dimension un peu « free » un peu ouverte. C’est de la musique vivante organique.

L’album sort le 21 avril. Vous avez des dates de concert prévues pour le défendre ?

Arnaud : On va partir 5 semaines en tournée en Europe avec un groupe australien Twelve Foot Ninja jusqu’à mi-mai et ensuite on a une tournée en tête d’affiche programmée pour fin juin début juillet. Une fois que les gens se seront familiarisés avec l’album parce que au delà du fait qu’on souhaite une démarche artistique authentique et vraiment fidèle à ce qu’on veut, on a quand même envie aussi que les gens qui viennent nous voir soient un minimum familiers avec ce que on joue donc deux mois après la sortie de l’album on pense que ce sera le bon moment pour faire l’expérience de le jouer en entier et voir quels seront les retours.

Merci à Igor et Arnaud pour cet échange et à Roger de Replica Promotion de l’avoir rendu possible. « La partition » sera disponible le 21 avril, à écouter sans modération !

 

 

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