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SIX FEET UNDER – Torments (Metal Blade Records)

Chris Barnes est un growler légendaire. Pour ceux qui connaissent son parcours, vous savez déjà très bien qu’il fut le premier chanteur de CANNIBAL CORPSE. Le bonhomme a été un des membres fondateurs de la formation de Buffalo et il a été leur frontman sur les 4 premiers albums. Depuis 1995, c’est Georges « Corpsegrinder » Fisher qui officie à titre de vocaliste. Même s’il a fait 9 disques et qu’il s’en tire bien, certains fans de CANNIBAL CORPSE n’ont jamais accepté le changement et ne jurent que par Barnes.

Pour Barnes, son premier band est maintenant très loin dans le rétroviseur. Avec SIX FEET UNDER, il a 12 albums studio a son actif, et ce sans compter ses quatre « Graveyard Classics », (des reprises) ainsi que le EP « Alive and Dead ».  L’auteur de ces lignes connaît véritablement cette formation depuis seulement 6 ou 7 ans. Quoiqu’à la fin des années 90’, il avait entendu une compilation de Metal Blade Records sur laquelle la pièce « Lycanthopy » se retrouvait. À l’époque, les growls ne nous plaisaient en rien. C’est en entendant l’opus « Warpath » que le coup de foudre se produisit. On pourrait plutôt parler de coup de pelle en pleine face. Le death n’ roll extrêmement couillu de l’ensemble nous séduisit alors sur-le-champ.

Avec « Torments », la bande à Barnes remet la table. Une table sur laquelle il y a moult corps démembrés, des tripes étalées, des cerveaux écrabouillés et des os broyés. Vous comprendrez que les sujets des chansons ne font pas dans la dentelle. C’est gore à souhait et complètement unidimensionnel. Terminés maintenant les thèmes autres. Sur les quelques premières parutions du groupe, il y avait certains textes plus sociopolitique et engagé, mais il y a belle lurette que Barnes est passé en mode total cadavres, tueurs, restes humains et autres atrocités.

La première chose que l’on note immédiatement est que la production de « Torments » est beaucoup plus léchée que celle de « Crypt of the Devil », le précédent opus. De plus, la simplicité est à peu près laissée de côté. Les morceaux sont pour la plupart complexes et remplies de variations. Le death n’ roll n’a plus trop la côte et on se rapproche la plupart du temps d’un death technique. « Sacrificial Kill », la pièce d’intro, nous fait même penser à du SUFFOCATION; les lignes de basse y étant pour beaucoup.

Outre pour la voix de Barnes, difficile de trouver de la constance dans cette formation qui est un moulin croisé avec une porte tournante. Depuis les 6 ou 7 dernières années, le personnel s’est succédé à un rythme effarant. Jeff Hughell qui était bassiste sur « Undead » en 2012, qui n’était pas présent sur « Unborn » en 2013 et de retour sur « Crypt of the Devil » (toujours en tant que bassiste) est maintenant guitariste, bassiste et seul compositeur du disque. Les compositeurs se succèdent au même rythme que les instrumentistes et ça paraît sur les albums. Bienvenu la différence, mais au revoir la cohérence. Disons que nous avons adoré « Undead » ainsi qu’« Unborn » et que nous avons fort apprécié « Crypt of the Devil ». Toutefois, soyons francs d’entrée de jeu, « Torments » n’est définitivement pas à la hauteur de nos attentes.

Le chant de Barnes – qui est le seul raccord de tout le répertoire de SIX FEET UNDER – est devenu une bouillie sonore désagréable. Le bonhomme a beaucoup expérimenté au cours des 25 dernières années, mais maintenant, il s’en tient presque uniquement à un ton qui fait penser à une série de pets plus qu’à toute autre chose. On peut avancer sans mal que la moitié des mots sont indiscernables. Notre respect pour Barnes en tant qu’artiste de la brutalité est immense. Toutefois, il semble avoir atteint son apogée et montre avec cette nouvelle parution qu’il est sur une pente descendante. Il growl depuis plus de 30 ans maintenant. Aucune idée s’il est  particulièrement en bonne forme ou non, mais il a 49 ans. Pendant encore combien de temps, un chanteur extrême comme lui peut-il perdurer? Étant donné qu’il est l’un des pionniers du genre, seul l’avenir nous le dira. Quoi qu’il en soit, nous sommes loin de la voix absolument parfaite de « Warpath » empreinte de violence, de sauvagerie et de virilité. Maintenant ce n’est plus qu’une caricature à la Cookie Monster. Quoique dans ce cas, le personnage de Sesame Street est, lui, pleinement audible…

L’album n’est pas mauvais. Il y a du travail derrière chacune des pièces. Peut-être un peu trop de travail. La grande majorité des chansons ne peut pas être simplement rapide ou lente ou pesante ou technique. Il faut qu’elles soient tout cela à la fois. Prises individuellement, elles sont dignes d’intérêt. Regroupées, elles s’amalgament beaucoup trop et se confondent malheureusement. Il y a tout de même quelques pièces qui sont agréables et qui ne se perdent pas trop en variation. « The Separation of Flesh from Bone » a un refrain hypnotique qui colle énormément. « Knife Throught the Skull » se tient parfaitement bien et rien n’est inutilement forcé. « Roots of Evil » est la dernière chanson et probablement la plus intéressante. Pour le reste Hughell en fait trop et ne laisse pas les morceaux suivre un cours plus naturel.

En conclusion, votre reporteur – fan de SIX FEET UNDER – n’a pas trop apprécié la nouvelle ponte. Non seulement les compositions de Jeff Hughell ne sont pas de taille, mais le légendaire growler offre un délivré bien pauvre. Alors est-ce Barnes qui se fait trop vieux ou est-ce votre humble serviteur? À vous de le dire…

 

Track Listing

1. Sacrificial Kill (3:55)

2. Exploratory Homicide (2:45)

3. The Separation of Flesh from Bone (4:52)

4. Schizomaniac (3:54)

5. Skeleton (3:43)

6. Knife Through the Skull (3:40)

7. Slaughtered as they Slept (4:55)

8. In the Process of Decomposing (3:50)

9. Funeral Mask (3:28)

10. Obsidian (4:14)

11. Bloody Underwear (3:41)

12. Roots of Evil (4:02)

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Membres du Groupe

Chris Barnes – Chant (depuis 1993)

Jeff Hughell – Basse (depuis 2012)

Marco Pitruzella – Batterie (depuis 2013)

Ray Suhy – Guitare (depuis 2015)

>Site web : SIX FEET UNDER<

>Facebook : SIX FEET UNDER <

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