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Svart Crown : L’interview « Abréaction »

Parmi les figures de proue du Blackened Death Metal en France, Svart Crown continue de grimper les échelons. Une ascension marquée par l’engouement suscité par l’album « Profane » en 2013 mais aussi par leur récente signature avec le label Century Media Records. Son cinquième album « Abréaction » verra le jour le 3 Mars 2017. L’occasion pour nous d’en discuter avec son frontman mais aussi principal compositeur Jean-Baptiste Le Bail.

  • Votre troisième album « Profane » sorti en 2013 a reçu un très bon accueil critique lors de sa sortie. Avec le recul, quel regard portez-vous sur cet album ?

Je reste très fier de cet album et je le réécoute avec grand plaisir. Je pense qu’on a réussi à aller là où l’on voulait aller avec ce disque et on n’aurait pas pu mieux faire. Les défauts que je pourrais trouver à « Profane » sont les changements qu’on a apporté sur « Abreaction ».

  • Ce projet vous a notamment permis de vous hisser parmi les groupes à suivre voire dans beaucoup de classements de médias spécialisés. De quelle manière le prend-on sur l’instant ?

Dans un sens c’est toujours gratifiant de voir son travail plébiscité. Après je porte un regard mesuré sur ce type de classement. Pour moi ça n’a de valeur que si je connais vraiment la personne qui a effectué ce type de liste ou du moins ses goûts personnels. Je vais préférer avoir un retour négatif mais argumenté par une personne qui connait bien le groupe et qui sait où l’on a voulu en venir, que des retours élogieux mais souvent vides en sens critique.

  • Vous avez tourné avec des groupes majeurs de la scène Metal tels que Septic Flesh, Nile ou encore Shining ainsi qu’occupé plusieurs scènes de grands festivals à travers l’Europe.

Pensez-vous que le live a été un tremplin pour diffuser votre musique à plus grande échelle et ainsi vous donner un certain « statut » auprès de médias reconnus ?

Oui clairement. « Svart Crown » n’est pas un groupe à buzz ou, je l’espère, à succès éphémère. Rien n’a jamais été simple pour nous depuis notre création et il a toujours fallu cravacher pour sortir un tant soit peu du lot. Le live a toujours été pour moi le meilleur moyen de faire vivre les morceaux car c’est souvent là où ils prennent tout leur sens. Être constamment sur la route et faire les bons choix de tournées est un facteur primordial pour faire avancer le projet. N’importe quel agent ou label manager te le dira, un groupe qui ne tourne pas pour défendre son disque aura très peu de chance de lui offrir une seconde vie. J’estime que tous les efforts mis en amont lors de la composition, méritent d’être soulignés. Le temps de gestation est tellement long, que c’est impossible pour moi de ne rien faire par la suite.

  • Est-ce difficile pour un groupe Français de s’exporter ?

Les groupes français de très bonne facture existent et n’ont absolument aucun complexe à avoir sur les groupes étrangers. Après concernant l’exportation, ce n’est pas le fait d’être français en soit qui pose problème, mais plutôt le manque de connexion et de réseaux. En France on a encore trop peu de groupes de stature majeure avec un rayonnement plus qu’actif. J’entends par là un groupe qui peut être considéré comme un headline crédible en dehors de la France. Dans le Metal, hormis, Gojira et à un degré très en-dessous, Alcest, j’en vois peu.

Ce qui est très dur, mais pas qu’en France, c’est d’être dans un groupe en développement qui ne peut pas revenir de tournée avec des bénéfices importants, bénéfices permettant de ne faire que ça. Jongler entre vie de nomades sur la route et jobs alimentaires est très compliqué. C’est un équilibre qui est long à obtenir et qui en décourage plus d’un. Il faut faire énormément de compromis personnels pour trouver le bon fonctionnement.

  • Vous avez récemment signé avec l’un des labels phares de la scène internationale, Century Media Records. J’imagine qu’actuellement c’est pour vous une fierté de faire partie de son catalogue et de son histoire. De quelle manière avez-vous abordé cet événement dans votre carrière musicale ?

Century Media fait partie d’un « plan de carrière » qui arrive au meilleur moment. Pour être tout à fait franc, dans l’état actuel du marché, il y avait deux choix qui me semblaient pertinents :

– Revenir à un statut indépendant pour le groupe et créer sa propre structure. Ça aurait nécessité un investissement de départ conséquent et une grosse logistique. Mais si tu regardes bien, certains groupes comme Dead Congregation ou encore MGLA sont en totale indépendance. Ils ont leur propre label et sont bien mieux lotis que la plupart des groupes sur label.  Après ce sont des exemples rares qui ont réussi un créer un fort engouement sans promotion.

– La deuxième option est celle que nous avons choisi, à savoir être dans une structure importante avec un réseau, une capacité de financement et d’investissement qui était à hauteur de nos envies. Il fallait que le label soit implanté sur les territoires clefs (Europe et US) . En ce sens Century Media était le meilleur choix.

Je suis très fier que les personnes chargées du recrutement chez Century Media aient accepté notre projet. Je pense qu’il y a eu un coup de cœur musical qui a vraiment fait accélérer les choses. Ils ont adhéré à la démarche du groupe, ce qui prouvent que les nombreux efforts que nous avons pu fournir tout au long de ces années n’ont pas été vains.

  • Est-ce que cette signature a influé sur la composition de votre nouvel album « Abréaction » (disponible le 3 Mars 2017) ? Est-ce une pression supplémentaire en tant qu’artiste ?

Absolument pas, car l’album a été composé et enregistré avant la signature. On se met assez la pression nous-même, donc inutile de rajouter celle du label. Il y a une réelle confiance, et je pense sincèrement que l’album les a vraiment séduits.

  • C’est le premier album de Svart Crown intégrant le batteur Kevin Paradis (Agressor, Mithridatic) et le guitariste Kevin Verlay (Agressor, ex-Mors Principium Est). De quelle manière sont-ils intervenus dans la partie créative du projet ?

Kévin Paradis est arrivé au milieu du processus de composition. J’ai pour habitude de créer l’ensemble des morceaux de mon côté et une fois que je suis entièrement satisfait du résultat, j’envoie tout au reste du groupe. La marge de manœuvre est assez limitée, car j’ai souvent des idées rythmiques très précises en tête. Cependant, je pense que Kévin a pu mettre sa touche sur les parties de batterie tout en respectant l’esprit « Svart Crown ». Kevin Verlay quant à lui est arrivé vraiment à la toute fin et a surtout apporté des idées d’arrangements et lead guitare en studio.

  • Pouvez-vous nous parler du sujet central de ce nouvel album ? A quoi l’auditeur doit-il s’attendre ?

L’ambiance et les thématiques centrales de l’album tournent autour du vaudou et des rituel africains. Il règne une ambiance pessimiste et très rampante qui colle bien avec la musique.

  • Vous travaillez une nouvelle fois avec Stefan Thanneur, déjà responsable des artworks de vos précédents albums (et aussi membre de Chaos Echoes). Pouvez-vous nous parler de la pochette de « Abréaction » ? C’était une évidence de continuer avec ses graphismes ?

Stefan, a amené quelque chose de très fort dès «Witnessing The Fall». Il a donné une réelle identité visuelle au groupe, tout comme Francis Caste a amené une identité sonore très forte. A ce moment-là, je dirai qu’on a trouvé la parfaite équipe et c’est pour moi difficile d’envisager l’avenir sans ces deux partenaires tant je suis satisfait de leur travail.

Stefan a réussi à cerner cet esprit vaudou et mystique qui se dégage de l’album. Je lui avais au préalable demandé d’utiliser des couleurs dans les tons rouges/ocres et or. C’était la projection visuelle que j’avais en tête lors de l’écriture des morceaux, tout comme ce totem mortuaire.

  • Un dernier mot pour nos Furieux ?

Merci pour votre support. A bientôt sur les routes.

[Interview par Gwendal]

Merci à Svart Crown et Century Media Records.

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